Nora Abrous et al. inMolecular Psychiatry

Depleting adult dentate gyrus neurogenesis increases cocaine-seeking behavior.

Depleting adult dentate gyrus neurogenesis increases cocaine-seeking behavior. Véronique Deroche-Gamonet, Jean-Michel Revest, Jean-François Fiancette, Eric Balado, Muriel Koehl, Noëlle Grosjean, Djoher Nora Abrous & Pier-Vincenzo Piazza.
Molecular Psychiatry (2018) doi:10.1038/s41380-018-0038-0. Published online: 05 March 2018

Neurocentre Magendie /  Team: Neurogenesis and physiopathology


Abstract
The hippocampus is the main locus for adult dentate gyrus (DG) neurogenesis. A number of studies have shown that aberrant DG neurogenesis correlates with many neuropsychiatric disorders, including drug addiction. Although clear causal relationships have been established between DG neurogenesis and memory dysfunction or mood-related disorders, evidence of the causal role of DG neurogenesis in drug-seeking behaviors has not been established. Here we assessed the role of new DG neurons in cocaine self-administration using an inducible transgenic approach that selectively depletes adult DG neurogenesis. Our results show that transgenic mice with decreased adult DG neurogenesis exhibit increased motivation to self-administer cocaine and a higher seeking response to cocaine-related cues. These results identify adult hippocampal neurogenesis as a key factor in vulnerability to cocaine addiction.

Djoher Nora Abrous / Neurogenesis and physiopathology group / Neurocentre Magendie /

 


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Source Inserm , communiqué du 7 mars 2018 

Les comportements d’addiction aux drogues et la vulnérabilité aux rechutes seraient liés à l’aptitude de notre cerveau à produire de nouveaux neurones. C’est la conclusion de chercheurs de l’Inserm du Neurocentre Magendie de l’Université Bordeaux, obtenue après avoir observé le comportement de souris ayant appris à s’auto-administrer de la cocaïne.

Nora Abrous : Dans le cerveau, l’hippocampe est l’un des centres de la mémoire. Il comprend le gyrus dentelé, qui présente la particularité de produire de nouveaux neurones (neurogenèse) chez l’adulte. Une neurogenèse anormale est corrélée à de nombreux désordres neuropsychiatriques comme des troubles de la mémoire ou de l’humeur.

Bien qu’une relation entre neurogenèse erratique et addiction à la drogue ait déjà été soupçonnée, jusqu’à aujourd’hui aucune preuve scientifique concrète ne venait étayer cette hypothèse. Les équipes de recherche Inserm de Nora Abrous et de Pier-Vicenzo Piazza, du Neurocentre Magendie (Unité 1215) de l’Université de Bordeaux, se sont penchées sur le rôle de la neurogenèse dans la dépendance à la cocaïne.

Deux groupes de souris ont été comparés : un groupe sain et un groupe génétiquement modifié pour que la neurogenèse au niveau de l’hippocampe soit moindre. Les souris ont été entraînées à s’auto-administrer de la cocaïne en introduisant leur nez dans un trou, déclenchant ainsi la diffusion par voie intraveineuse de cocaïne dans leur sang. Le nombre d’actions à fournir pour obtenir une quantité similaire de drogue a ensuite été progressivement augmenté. Les chercheurs ont constaté que les souris transgéniques montraient une plus grande motivation (mesurée en nombre d’actions dans les trous) à « travailler » pour obtenir de la cocaïne.

Après plusieurs semaines de sevrage, les souris ont été de nouveau exposées à l’environnement dans lequel elles avaient appris à s’auto-administrer de la cocaïne. Les souris transgéniques ont alors montré une plus grande susceptibilité à la rechute en cherchant à nouveau à déclencher l’administration de la drogue.
La transition vers l’addiction est un processus associant l’exposition répétée à des stupéfiants et une vulnérabilité propre à chaque individu : en démontrant que la neurogenèse est un facteur clé dans la vulnérabilité à l’addiction, ces travaux offrent de nouvelles perspectives dans la compréhension de la fragilité individuelle face à la pharmacodépendance.

 

19/06/18