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Entretien : Sophie Gauthier

La communauté des neurosciences de Bordeaux est riche d’environ 150 étudiants en M1 et M2, une quarantaine de nouveaux doctorants chaque année, et une association d’étudiants, la NBA (Neuroscience in Bordeaux Association), très dynamique. Rencontre avec Sophie Gauthier, qui préside l’association depuis deux ans et qui va prochainement passer le relais. 

Sophie Gauthier
Sophie Gauthier

Bordeaux Neurocampus : Les étudiants en neurosciences ont des parcours variés. Quel est le vôtre ? 

Sophie Gauthier : Après mon baccalauréat j’ai commencé par des études de médecine : j’avais envie de comprendre comment fonctionnait le corps humain en général. Mais au bout de deux ans j’ai bifurqué vers une licence de biologie, et cela m’a permis d’aller vers des échelles cellulaires et moléculaires. J’ai eu la possibilité de faire un stage en recherche en neurosciences à Marseille et comme cela m’a vraiment intéressée, j’ai intégré le master de neurosciences à Bordeaux. Je suis actuellement en deuxième année de thèse dans l’équipe où j’ai fait mon stage de master. J’ai changé de sujet mais je suis restée dans cette équipe parce que la problématique m’intéressait.

Votre équipe, Physiologie et physiopathologie des fonctions exécutives, dirigée par Thomas Boraud et Pierre Burbaud, couvre de nombreux sujets d’études. Quels sont les axes principaux en ce moment ?

Notre approche est relativement translationnelle : nous travaillons sur des aspects cliniques, mais aussi fondamentaux, avec des modèles animaux comme les rongeurs, les oiseaux, ou les salamandres. Il s’agit de répondre à une question : les mécanismes qui sous tendent les fonctions exécutives, c’est-à-dire la planification du mouvement, la  prise de décision… Cela implique de comprendre le fonctionnement des différentes structures impliquées dans ces fonctions, à l’échelle des neurones, et les connexions entre elles. L’objectif de ma thèse est d’étudier dans un cadre physiologique le role de la dopamine, que l’on sait importante dans la maladie de Parkinson, dans le contrôle du mouvement. Arthur Leblois, lui, travaille sur l’apprentissage avec les oiseaux, Marc Deffains sur la prise de décision avec les primates…

Vous êtes également la présidente de la NBA (Neuroscience in Bordeaux Association). Quelles sont les principales missions de l’association ?

Le but de l’association est d’accompagner les étudiants en neurosciences à Bordeaux. On se place comme l’intermédiaire entre les équipes pédagogiques et les étudiants en master et en thèse. Nous avons également pour objectif d’instaurer une cohésion entre les membres. Les étudiants de master 1 entrant ne connaissent souvent personne, donc nous essayons de créer des liens entre les promotions. Pour cela nous faisons des parrainages, et nous organisons différents événements. Cela permet de créer un réseau d’étudiants qui est très important et que nous essayons d’alimenter au maximum, notamment pour choisir son stage, sa thèse ou ses post-doctorats. Mes missions en tant que présidente sont de créer la cohésion au sein du conseil d’administration qui donne des idées, et de faire le lien avec les équipes pédagogiques, Bordeaux Neurocampus et l’université.

Nos autres missions consistent à partager les sciences, pour les doctorants et plus largement les chercheurs de la communauté, avec les PhD seminars, le premier vendredi de chaque mois, organisé avec les étudiants en thèse eux-même et en collaboration avec le département. Pour le grand public, nous nous investissons aussi pour le Neurodon, qui cette année a été reporté au mois de novembre, et lors des Vingt Km de Saint-Émilion.

Sur quoi s’est portée votre attention durant votre mandat ?

L’objectif était d’améliorer notre communication. Nous avons commencé à l’alimenter notamment en mettant en place un compte Instagram, et nous avons vraiment augmenté le nombre de publications sur la page Facebook pour favoriser la communication de tous les événements scientifiques, à Bordeaux et à l’international. L’association a été créée pour les étudiants en master et en thèse mais généralement ce sont surtout les étudiants en master qui en bénéficient, donc nous avons essayé de mieux intégrer les doctorants. Pour cela nous avons organisé deux soirées inter associations, avec uniquement des étudiants en thèse de toutes les écoles doctorales de Bordeaux, ainsi qu’une rencontre avec d’anciens doctorants, sur la question de l’après thèse, en collaboration avec l’association 2D2B. Nous avions quelques projets supplémentaires sur la fin d’année universitaire, mais ils seront reportés !

Combien d’adhérents compte la NBA, et quels contacts avez-vous avec les anciens élèves ?

Nous avons 390 membres. Quand on intègre l’association, on devient membre à vie. Nous avons peu de contact avec les anciens étudiants, c’est un sujet sur lequel il faudrait travailler avec les prochains bureaux, car je pense qu’il serait intéressant d’utiliser encore plus ce réseau. Le seul contact que nous avons est lorsqu’on les sollicite pour des événements sur les possibilités qui s’offrent à un étudiant après sa thèse ou son master en neurosciences.

Des changements dans les membres du bureau sont-ils à prévoir ?

Oui, parce que j’ai commencé mon mandat en 2018, et c’est un mandat de deux ans qui se termine en octobre. Le bureau va être refondu, en espérant que de nouveaux étudiant en master ou en thèse seront motivés pour reprendre les rênes. Tous les ans, au conseil d’administration, certains partent, d’autres reviennent, et les M1 qui arrivent peuvent s’y intégrer et participer à l’organisation des différents événements, même si le conseil est déjà formé. Les étudiants motivés sont donc les bienvenus !


Propos recueillis par Nathan Florent


En savoir plus

Site web de la NBA

Equipe Physiologie et physiopathologie des fonctions exécutives


02/09/20 // Catégorie(s) : Portraits et entretiens