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Entretien : Natacha Retailleau

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Natacha Retailleau est technicienne à l’IINS depuis une dizaine d’années. On peut croiser sa bonne humeur au 1er étage du Centre Broca. Rencontre.

Quelles sont vos missions dans l’équipe de Daniel Choquet ?

Cela a évolué au fur et à mesure des années. Globalement je m’occupe de productions de modèles cellulaires et moléculaires. J’ai aussi aidé des chercheurs dans leurs projets scientifiques, en faisant du contrôle qualité des différents outils que je produis. Et je participe aussi à l’organisation fonctionnelle de l’équipe, c’est-à-dire que je m’occupe des commandes, du site internet, et je mets en place des activités pour créer des interactions entre les membres de l’équipe.

Vous êtes aussi responsable de la plateforme biologie cellulaire de l’IINS. Qu’apporte-t-elle aux équipes ?

Effectivement, je suis responsable de cette plateforme en collaboration avec Françoise Coussen, qui est chercheuse. L’intérêt de cette plateforme, c’est de mettre en commun les ressources que possèdent toutes les équipes pour réduire les coûts. Il y a 400m² de pièces de culture, et la plateforme est là pour qu’elles soient fonctionnelles pour tout le monde. Nous nous occupons aussi de produire un grand nombre de type de cellules, comme les cultures primaires de neurones, de cellules hétérologues, des cultures de tranches de cerveau, etc. Une personne référente s’occupe de former tous ceux, à l’IINS, qui auraient besoin d’apprendre des techniques particulières qui sont déjà mises en place au laboratoire.

Comment la plateforme est-elle organisée ?

Deux personnes travaillent uniquement pour le pôle, deux personnes proviennent du service commun de l’IINS, et une demi-douzaine d’équipes mettent en présence des techniciens qui apportent leur domaine d’expertise en rapport avec les services qu’on propose. Donc ce qui est intéressant, c’est que l’on met en commun toutes ces différences sous la même entité. Les personnes ayant une question ou un besoin s’adressent à moi, et je les redirige vers la bonne personne.

Comment la plateforme s’est-elle préparée au retour à l’activité ?

Cela a été compliqué, on y a passé beaucoup de temps, parce que toutes les cultures cellulaires nécessitent d’anticiper des commandes. Nous avons bien alloué une mission précise à chacun et on essaye de relancer l’activité quasiment comme elle était avant le confinement.

Il y a donc eu des pertes dans les cultures ?

Oui, on a beaucoup jeté, parce que pour les cultures primaires, par exemple, sont utilisables quinze jours après culture in vitro. Donc on a été obligés de jeter les neurones qu’on avait préparé pour travailler sous les quinze jours : ça a été une énorme perte pour l’institut.

Revenons à votre métier. Quel a été votre parcours ?

J’ai préparé un BTS Bio Analyses et Contrôles, qui me dirigeait plutôt vers de l’agroalimentaire, de la cosmétique ou de la pharmacologie. Mais j’ai fait mon stage de BTS sous la tutelle de Christelle Breillat dans l’équipe de Daniel Choquet en 2009, dans l’unité de recherche Physiologie Cellulaire de la Synapse, devenu ensuite l’IINS. Un an plus tard j’ai été engagée dans le même laboratoire en tant que technicienne. Donc finalement mon stage m’a dirigée plutôt vers de la recherche fondamentale.

Qu’est-ce-que vous aimez le plus dans votre métier ?

Ce que j’aime beaucoup ce sont les interactions entre les différents corps de métier, notamment avec le personnel administratif, les chercheurs, et on discute avec toutes ces personnes pour essayer d’aller tous dans le même sens, et faire avancer la recherche. Par exemple, je fais du management pour gérer les deux personnes qui travaillent avec moi pour le pôle, d’un autre côté je produis des outils, je forme des gens sur la biologie moléculaire, et puis je gère le budget alloué à la plateforme. Dans mon métier j’ai accès à plein de domaines de travail différents, et c’est vraiment très intéressant pour moi !


Propos recueillis par Nathan Florent


10/06/20 // Catégorie(s) : Portraits et entretiens