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Vincent Planche et al., dans Alzheimer’s & Dementia

Des travaux récents en IRM structurelle ont suggéré que la catégorisation de l’atrophie cérébrale en sous-types caractéristiques permettait d’identifier des présentations biologiquement et cliniquement différentes de maladie d’Alzheimer (MA). Cette catégorisation pourrait servir de marqueur de substitution de la distribution de la tauopathie dans la MA selon les résultats d’étude comparant les données IRM avec la TEP-tau ou la neuropathologie post-mortem. On distingue ainsi 4 grands sous-type d’atrophie: l’atrophie « diffuse/typique », l’atrophie « limbique-prédominante », l’atrophie « épargnant l’hippocampe » et l’atrophie « minime ». Cependant, les études précédentes portaient sur des échantillons de patients très sélectionnés : présentant des biomarqueurs amyloïdes positifs, atteints de troubles cognitifs légers (MCI) amnésiques ou bien atteints de démence de type Alzheimer. Ainsi, l’intérêt clinique de cette analyse en imagerie restait encore inconnu dans une population reflétant la grande variété des présentations cognitives vues dans les centres mémoire.

Dans ce travail collaboratif entre l’Institut des Maladies Neurodégénératives (IMN, CNRS UMR 5293) et le centre Inserm Bordeaux Population Health (UMR 1219) sur les données de la cohorte MEMENTO, Vincent Planche et al. ont élargi le modèle physiopathologique théorique habituel, qui les aurait contraints à étudier un marqueur de tauopathie (les sous-types d’atrophie cérébrale) uniquement dans le cadre de l’amyloïdopathie (c’est-à-dire chez des patients amyloïdes positifs).

Ils ont fait l’hypothèse qu’il pourrait y avoir d’autres processus physiopathologiques responsables de l’apparition de ces sous-types d’atrophie cérébrale, avec des conséquences cognitives différentes. Ils ont étudié les sous-types d’atrophie cérébrale dans cette cohorte qui a inclus de façon consécutive un large échantillon de patients ayant consulté dans un centre mémoire appartenant au réseau français des CMRR (dans cette étude n=2083 patients ambulatoires, sur 4 ans de suivi), présentant des troubles cognitifs subjectifs ou des troubles cognitifs légers, sans connaissance a priori de leur statut amyloïde ou de leur présentation clinique.

Ils ont constaté que le pattern d’atrophie « typique/diffus » était associé à un déclin cognitif plus rapide et au risque le plus élevé de développer une démence en particulier de type MA au cours du suivi, à la fois dans l’ensemble de l’échantillon analysé et chez les participants pour lesquels le statut amyloïde positif était connu. Les atrophies « limbique-prédominante » et « épargnant l’hippocampe » ont également été associées à une incidence des démences plus élevée durant les 4 ans de suivi, avec un déclin cognitif plus rapide dans le groupe « limbique-prédominant ». La démence à corps de Lewy était plus fréquente dans les groupes de patients présentant une atrophie « épargnant l’hippocampe » ou une atrophie « minime ». Les auteurs ont conclu que la catégorisation en sous-types d’atrophie cérébrale pourrait être largement utilisée comme biomarqueur pour fournir des informations précieuses dans la pratique clinique et des critères utiles au développement d’essais cliniques pour identifier les sous-groupes de patients « progresseurs rapides ».

Référence

Clinical relevance of brain atrophy subtypes categorization in memory clinics
Vincent Planche, Vincent Bouteloup, Jean-François Mangin, Bruno Dubois, Julien Delrieu, Florence Pasquier, Frédéric Blanc, Claire Paquet, Olivier Hanon, Audrey Gabelle, Matthieu Ceccaldi, Cédric Annweiler, Pierre Krolak-Salmon, Marie-Odile Habert, Clara Fischer, Marie Chupin, Yannick Béjot, Olivier Godefroy, David Wallon, Mathilde Sauvée,
Isabelle Bourdel-Marchasson, Isabelle Jalenques, François Tison, Geneviève Chêne, Carole Dufouil and the MEMENTO Study group.
December 2020 ; Alzheimer’s and Dementia. 16(S5)
DOI: 10.1002/alz.12231

Contact

Vincent Planche

MCU-PH
Team Bezard, IMN – IMN clinique