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Rencontre avec deux étudiants de l’Ecole Santé Sciences

L’Ecole Santé Sciences (ESS) de Bordeaux, créée en 2017, permet aux étudiants en santé (médecine, pharmacie ou odontologie) de réaliser un double cursus, intégrant à leur parcours une formation complète, précoce et haut niveau à la recherche scientifique.  L’ESS dispense une formation progressive par des modules et des stages en laboratoire de recherche en deuxième et troisième de santé, avant d’intégrer un Master 2.

Le double cursus se concrétise par l’obtention d’un double doctorat en santé et en sciences, ce dernier pouvant être réalisé immédiatement après le M2 ou plus tardivement (cf. schéma ci-dessous). Ce cursus est coordonné par Marie-Edith Lafon (CHU), Isabelle Dupin (CHU) et Thomas Bienvenu (CH Charles Perrens et Neurocentre Magendie) et l’ESS fait partie intégrante de l’EUR Bordeaux Neurocampus.

La formation s’appuie largement sur les pôles d’excellence du campus bordelais, dont fait partie Bordeaux Neurocampus. Les neurosciences sont l’un des modules de formation en deuxième année de l’ESS. D’une durée de cinq jours, il est encadré par des chercheurs de Bordeaux et permet aux étudiants d’être initié à une large variété de concepts et méthodes, depuis la plasticité synaptique jusqu’à la recherche clinique sur les troubles neurologiques et psychiques, en alternant cours et expérimentations. Aux manettes : Thomas Bienvenu, Christophe Mulle (IINS, directeur de l’EUR) et Vincent Planche (IMN), accompagnés de Cristina Lemos (Graduate Program Bordeaux Neurocampus).

Ce type de parcours un peu particulier est une vraie richesse pour notre communauté, et  les équipes de Bordeaux Neurocampus accueillent actuellement 14 étudiants avec ce profil – dont 10 de l’ESS –,  en stage de Master ou en doctorat. Rencontre avec deux d’entre eux : Clément Hazet et Clara Besserer.

Clément Hazet
Clément Hazet

Clément Hazet, est actuellement en stage de Master 2 au Neurocentre Magendie : « J’ai grandi avec l’envie d’être pédiatre, mais les neurosciences m’attiraient et surtout la question de la mémoire : comment retient-on les choses, lors du sommeil par exemple. Lorsque j’ai entendu parler de ce double cursus en fin de première année de médecine, j’ai tenté ma chance. Après avoir déposé un dossier et passé les épreuves écrites puis orales, et j’ai été accepté en 1re année de l’ESS. »

A la fin de cette 1re année, son attirance pour la recherche sur le cerveau l’amène vers un stage de trois mois dans l’équipe de Stéphane Oliet. « J’ai travaillé avec Aude Panatier et Thomas Tourdias, sur la mise en place de modèles d’AVC en laboratoire et l’étude de l’impact sur des régions plus lointaines que le lieu-même de l’AVC, telles que le thalamus. Cela m’a vraiment donné envie de continuer. »

Le module de neurosciences, en année 2, a confirmé son goût pour ce domaine. La situation sanitaire l’a ensuite malheureusement empêché de faire un stage avant d’intégrer le M2.

« Mon stage actuel, dans l’équipe de Cyril Herry et encadré par Cyril Dejan, vise à étudier la consolidation de la mémoire de peur. Lors du module de neurosciences à l’ESS, en plus des cours, des TP et des TD, nous avions un projet de recherche à présenter, et c’était mon sujet. Ces rencontres m’ont permis de me voir offerte cette opportunité de stage, en sachant que cela me plairait… et c’est le cas ! Le stage se base principalement sur l’analyse de données récoltées par l’équipe avant mon arrivée, mais à présent les expériences reprennent. C’est le processus inverse mais le travail est tout aussi intéressant et c’est tout aussi formateur ! »

Sur les deux parcours possibles après le M2, son choix est fait, afin notamment de laisser mûrir son projet de recherche.

«  Je retourne à l’externat de médecine {deuxième cycle} l’an prochain. Comme les études de santé sont très prenantes, j’ai un petit peu peur de m’arrêter trois années de plus, et que ce soit difficile d’y revenir ensuite.  Je reviendrai plus tard pour une thèse en neurosciences, probablement sur mémoire et émotion. Et puis j’ai envie de continuer l’électrophysiologie : cela me plait beaucoup ! Pour l’externat de médecine, j’envisage d’aller, si possible, vers la recherche clinique. On verra…  »

Clara Besserer
Clara Besserer

Autre parcours, autre profil avec Clara Besserer, actuellement en première année de thèse à l’IMN. « Dès la terminale, voire avant, j’aimais les sciences mais ne voulais pas aller en école d’ingénieur par exemple. En même temps, je voulais faire médecine, mais n’avais pas trop envie d’aller uniquement vers des aspects cliniques et d’abandonner les sciences. Je me suis donc orientée vers la faculté de médecine avec l’idée déjà de faire un double cursus. J’avais prévu d’intégrer l’école de l’Inserm Liliane Bettencourt, qui propose ce type de double cursus santé – sciences. Après ma première année de médecine en 2016-2017, j’ai passé le concours d’entrée à l’école de l’Inserm, et en même temps j’ai intégré l’ESS de Bordeaux, dont c’était la première promotion. »

Un premier stage, à la fin de l’année 1, lui confirme son goût pour les neurosciences.

« J’ai alors travaillé sur l’apprentissage du chant, avec Arthur Leblois. Je n’ai jamais eu trop de doutes, je savais que cela me plairait ! Pour mon deuxième stage, en fin d’année 2, je suis allée dans l’équipe de Claire Wyart, à l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM). Le sujet était la locomotion du zebra fish. Puis je suis restée à Paris : j’ai intégré le Master 2 de Sorbonne Université. Je suis alors allée début 2020 au Center for Neural Circuits and Behavior, à Oxford, pour faire mon stage de M2 auprès de Gero Miesenböck , sur le sommeil de la drosophile. Malheureusement la situation sanitaire l’a interrompu. »

Clara Besserer, à la différence de Clément Hazet, a choisi de poursuivre directement vers une thèse de neurosciences.

« J’ai passé le concours de l’école doctorale de Bordeaux et aujourd’hui, je prépare une thèse sur l’épilepsie-absence dans l’équipe de Thomas Boraud, sous la direction de Nicolas Mallet. L’épilepsie-absence est une forme d’épilepsie touchant principalement les enfants et les adolescents, elle se manifeste par des pertes de consciences répétées. Je recherche le rôle des ganglions de la base dans la propagation, la maintenance et la terminaison des crises d’epilepsie absence. Après le doctorat, je retournerai en médecine. La question se sera : comment me nourrir de mon bagage en neurosciences : rester dans ce domaine ? Aller vers la neurologie ? la psychiatrie ? la médecine physique de réadaptation ? Mon sujet de thèse lui-même, l’épilepsie, peut me permettre d’aller vers la clinique. Je verrai plus tard, en fonction des opportunités, de ce qui conviendra alors… »

En savoir plus

Les Parcours ESS

Page web

https://sante.u-bordeaux.fr/Espace-etudiant/Tout-sur-vos-etudes/Parcours-recherche/Double-cursus-Ecole-Sante-Sciences

Liste des étudiants

Etudiants en double cursus santé sciences à Bordeaux Neurocampus en 2020-2021.

  • Clara BESSERER, Ecole Santé Sciences & Ecole de l’Inserm Liliane Bettencourt, 1re année de doctorat (Nicolas MALLET, IMN)
  • Medhavi BISSOONAUTH, Ecole Santé Sciences 1ère année (Vincent STUDER, IINS)
  • Côme CAMUS, Ecole de l’Inserm Liliane Bettencourt, 3e année de doctorat (Eric HOSY, IINS)
  • Margaux CAUMONT, Ecole Santé Sciences, Master 2 Cell Physics (Gregory GIANNONE, IINS)
  • Adrien CAUSSE, ENS Lyon/UCBL & Ecole de l’Inserm Liliane Bettencourt, 2ème année (Thomas BIENVENU, Magendie)
  • Louis CROCHEMORE, Ecole Santé Sciences, 2ème année (Nora ABROUS, Magendie)
  • Anass EL AZRAOUI, Ecole de l’Inserm Liliane Bettencourt, 1re année de doctorat(Yann HUMEAU, IINS)
  • Clément HAZET, Ecole Santé Science, Master 2 (Cyril DEJEANS, Magendie)
  • Chaneze JAOUEN, Ecole Santé Sciences, 1ère année (Carmelo QUARTA, Magendie)
  • Jérémy LESAS, Ecole Santé Sciences, 1ère année de doctorat (Cyril DEJEAN, Magendie)
  • Estelle MARTINEZ, Ecole Santé Sciences & Ecole de l’Inserm Liliane Bettencourt (Frederic VILLEGA, IINS)
  • Adrien NOTHIAS, Ecole Santé Sciences, International Master of Neuroscience (Valérie FENELON, Magendie)
  • Bhushan RUGBURSING, Ecole Santé Sciences, 1ère année (Nicolas ROUGIER, IMN)
  • Alena SPITSYN, ENS Paris/Université Paris Sorbonne (Lisa ROUX, IINS)
22/07/21