#

Mireille Montcouquiol récompensée par la Fondation pour la Recherche Médicale

Mireille Montcouquiol, chercheuse Inserm en neurosciences au Neurocentre Magendie, est lauréate d’un prix décerné le 15 novembre 2021 au Collège de France à Paris par la Fondation pour la Recherche Médicale


Chaque année, la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) distingue des chercheurs et chercheuses reconnus pour leurs travaux innovants et prometteurs. Financés grâce à la générosité de donateurs, récompensent des scientifiques qui, à travers l’originalité de leur parcours professionnel, contribuent au progrès de la connaissance et aux avancées de la recherche médicale d’aujourd’hui et de demain.

Mireille Montcouquiol, lauréate du prix Rachel Ajzen et Léon Iagolnitzer 2021

Spécialisée en neurosciences, Mireille Montcouquiol est directrice de recherche Inserm au Neurocentre Magendie (Inserm et université de Bordeaux – Bordeaux Neurocampus) où elle codirige l’équipe Polarité planaire et plasticité avec Nathalie Sans. Elle étudie en particulier le rôle des protéines de la polarité.

La polarité – à savoir la présence d’une asymétrie, que cela soit au niveau cellulaire, tissulaire ou à l’échelle du corps entier – est présente partout dans notre organisme. Elle est à l’origine de l’organisation des tissus et détermine leur fonctionnement correct. Elle est mise en place grâce à des protéines particulières au cours du développement embryonnaire, maintenue chez l’adulte et au cours du vieillissement. Des anomalies des protéines de la polarité peuvent conduire à de nombreuses maladies : malformations cardiaques, digestives ou pulmonaires, maladies rares. Lorsqu’elles touchent à l’organisation du système nerveux, elles mènent à des troubles autistiques, à des déficiences intellectuelles, à l’épilepsie ou encore à des déficits sensoriels comme les surdités.

Avec son équipe, Mireille Montcouquiol décortique la machinerie moléculaire utilisée par les protéines de polarité pour façonner le système nerveux ; elle explore les conséquencesde leur perturbation sur sa formation et ses fonctions. Ses travaux s’appuient notamment sur des modèles de souris portant les mutations de divers gènes de polarité. Elle a ainsi découvert l’importance des protéines de polarité pour la communication, les interactions sociales, l’apprentissage et la mémoire. Tout récemment, elle a pointé le rôle central d’une protéine, appelée Vangl2, dans la plasticité de l’hippocampe – la structure cérébrale qui joue un rôle central dans la mémoire –, une propriété essentielle qui permet de diminuer le déclin cognitif lié à l’âge.

Outre les connaissances fondamentales sur le développement du système nerveux et ses anomalies, les recherches de Mireille Montcouquiol pourraient mener à de nouvelles cibles thérapeutiques dans un grand nombre de pathologies.

Le prix Rachel Ajzen et Léon Iagolnitzer, d’un montant de 20 000 €, soutient des travaux de recherche fondamentale dans le domaine de la compréhension des mécanismes du vieillissement et en particulier en ce qui concerne le cerveau dans des conditions normales et pathologiques.

Lauréats 2020

Mireille Montcouquiol succède donc à Erwan Bezard, lauréat en 2020 du prix Rachel Ajzen et Léon Iagolnitzer.

En 2020, la FRM avait soutenu financièrement 10 projets dans les laboratoires de Bordeaux Neurocampus et remis deux prix, l’un à Erwan Bezard, l’autre à Gwendal Lemasson. La soirée de lauréats FRM bordelais a eu lieu à la librairie Mollat le 8 novembre 2021. Elle a montré le dynamisme de notre communauté dans le domaine de la recherche biomédicale.

19/11/21