M. Darnaudery, S. Layé et al. dans Psychoneuroendo

Un régime hyper-gras faible en oméga-3 vulnérabilise l’hippocampe en développement

Le 24 mars 2015

Perinatal high-fat diet increases hippocampal vulnerability to the adverse effects of subsequent high-fat feeding.  Lépinay AL, Larrieu T, Joffre C, Acar N, Gárate I, Castanon N, Ferreira G, Langelier B, Guesnet P, Brétillon L, Parnet P, Layé S*, Darnaudéry M*. Psychoneuroendocrinology. 2015 Mar;53:82-93. doi: 10.1016/j.psyneuen.2014.12.008. Epub 2014 Dec 15. *contributed equally


Les données épidémiologiques soulignent l’augmentation de la consommation d’aliments gras et les déséquilibres dans les apports entre acides gras polyinsaturés (trop d’oméga 6 et pas assez d’oméga 3) dans les sociétés modernes et les pays en voie de développement. Ces changements nutritionnels touchent également les femmes en âge de procréer, pourtant les conséquences sur le cerveau de leur descendance ne sont pas connues.

Chez l’animal, de nombreux travaux démontrent les effets délétères d’une obésité maternelle sur le métabolisme et le fonctionnement cérébral de la progéniture, mais l’impact du régime, indépendamment de l’obésité n’est pas clair. Dans cette étude, nous montrons qu’un régime maternel hyperlipidique avec des apports déséquilibrés en acides gras polyinsaturés, mais sans obésité maternelle, ne produit pas de perturbation comportementale dans une tâche de mémoire spatiale à l’âge adulte.
En revanche, cette exposition induit des altérations métaboliques et des changements de l’expression de plusieurs marqueurs dans l’hippocampe. Chez des animaux maintenus sous ce régime après le sevrage, les effets physiologiques s’accentuent et s’accompagnent d’altérations significatives des capacités de mémoire spatiale. De manière intéressante, une exposition au régime hyper-gras excluant la période périnatale ne suffit pas à induire des altérations comportementales, ce qui souligne le rôle important de la période périnatale.
En conclusion, notre travail suggère que la nutrition précoce peut sensibiliser le cerveau et favoriser l’émergence de désordres mnésiques en particulier lorsque l’exposition à un régime alimentaire déséquilibré se maintient toute la vie.

Muriel.Darnaudery(at)u-bordeaux.fr/ Lab NutriNeurO, UMR INRA 1286, 146 rue Léo Saignat, Case 34, 33076 Bordeaux cedex, France.

Dernière mise à jour le 26.03.2015

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