M.Bourdenx, B. Dehay et al. dans Scientific Reports

L’octodon est-il un modèle animal pertinent ? Etre ou ne pas être: telle est la question.

Lack of spontaneous age-related brain pathology in Octodon degus: a reappraisal of the model. Mathieu Bourdenx, Sandra Dovero, Marie-Laure Thiolat, Erwan Bezard & Benjamin Dehay. Scientific Reports 7, 45831 / Research | 04 April 2017 |

Institut des Maladies Neurodégénératives CNRS UMR 5293 – IMN / Equipe : Physiopathologie des syndromes parkinsoniens / Directeur  Erwan Bézard  / Mathieu Bourdenx est maintenant Postdoc à l’Albert Einstein College of Medicine de New York dans le labo de Ana Maria Cuervo.


Benjamin Dehay
Benjamin Dehay

Benjamin Dehay : Les maladies neurodégénératives sont caractérisées par la dégénérescence de régions cérébrales spécifiques associées à l’accumulation de protéines liée à chacune maladie sous forme de dépôts extra-ou intra-cellulaires. Il est intéressant de faire le constat que 95% des données obtenues à partir des modèles animaux en recherche biomédicale sont issues de modèles murins en raison de leur facilité d’élevage et de l’effort considérable investi dans les développements majeurs d’outils de biologie moléculaire ciblés sur ces espèces.
En dépit de leur intérêt, ces modèles sont souvent basés sur un haut niveau d’expression de la protéine liée à la maladie, mettant ainsi en question leur pertinence pour la pathologie humaine et appelant à l’utilisation alternative d’espèces, dites exotiques, présentant des stratégies uniques de survie grâce à des adaptations originales ou des spécificités biologiques et biochimiques.

Parmi ces modèles dits écologiques, Octodon degus est apparu au cours des dernières années comme un modèle animal prometteur présentant la pathologie liée à l’âge liée à la maladie d’Alzheimer.
Étant donné que les protéines associées aux maladies neurodégénératives co-agrègent souvent dans le cerveau des patients, nous avons voulu phénotyper et évaluer l’apparition de la pathologie liée à l’α-synucléine dans ce modèle animal en utilisant des techniques immunohistochimiques et biochimiques appropriées.

Malgré nos efforts et contrairement aux résultats précédemment publiés, notre étude va à l’encontre de l’utilisation d’Octodon degus comme modèle naturel approprié pour étudier l’aspect temporel des mécanismes neurodégénératifs.
Cependant, nous n’avons pas réussi à identifier aucune pathologie cérébrale liée à la maladie de Parkinson ou à la maladie d’Alzheimer mais peut éventuellement supporter une utilisation comme modèle pour l’étude du vieillissement.

16/05/18