Les États-Unis veulent enrayer le ravage des opioïdes

Source: Journal La Croix / Alexis Buisson, envoyé spécial à Philadelphie , le 06/03/2018 / Mis à jour le 06/03/2018

Avec plus de 42 000 décès en un an, les villes et les États américains multiplient les initiatives pour contrer l’épidémie de surdoses mortelles d’opioïdes.

Plus de morts de surdose que lors de la guerre du Vietnam

Devenus dépendants aux analgésiques comme l’oxycodone, les malades se sont progressivement tournés vers des options moins chères provoquant les mêmes effets sur le cerveau, comme l’héroïne et le fentanyl, acheminées du Mexique et de Chine ou disponibles dans l’anonymat du « dark Web ».

En 2016, 63 600 personnes ont trouvé la mort à la suite de surdoses aux États-Unis. C’est plus que les 43 000 morts du sida au plus fort de l’épidémie en 1995. Plus que les décès liés au cancer du sein, aux armes à feu ou aux accidents de voiture. Plus que les morts en vingt ans de la guerre du Vietnam. Or, deux tiers de ces décès de 2016 sont dus à une prise d’opioïdes, et les spécialistes s’attendent à des chiffres plus sombres encore pour 2017.

Six nourrissons sur 1 000 naissent dépendants aux opioïdes

L’épidémie est telle que les experts la tiennent pour responsable du recul de l’espérance de vie des hommes blancs et estiment que son coût – mille milliards de dollars depuis 2001 – freine la croissance économique américaine. Le danger pour les futures générations est réel : six nourrissons sur mille naissent aujourd’hui avec des symptômes de dépendance.

« Contrairement aux épidémies de drogue précédentes, la crise des opioïdes est surtout alimentée par un système légal : la prescription d’antidouleur », observe Patrick Trainor, agent au sein de l’antenne de l’administration antidrogue DEA à Philadelphie.

Pour Hanna Grol-Prokopczyk, sociologue médicale à l’université de Buffalo, la résolution du problème passera par le développement de traitements alternatifs pour réduire la douleur chronique. Liée à l’obésité et à d’autres problèmes physiques, elle touche « de 20 à 30 % de la population américaine ».

Selon la spécialiste, plusieurs alternatives, comme l’acuponcture ou la kinésithérapie, ont fait leur preuve, mais ne sont pas toujours couvertes par les assurances. « Il faudrait un changement en profondeur de notre système de santé », dit-elle.

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05/06/18