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Soutenance de thèse – Charlotte Kervran

18 décembre 2019 / 11:00 - 13:00

Lieu: Amphithéâtre du Centre hospitalier Charles Perrens

Soutenance en français


Stabilité psychométrique des critères diagnostiques du DSM-5 pour les troubles de l’usage de substances et valeur prédictive du craving sur l’usage de substance selon le contexte de soin. Dans quelle mesure le craving diffère-t-il des autres critères diagnostiques ?


Charlotte Kervran
Equipe Auriacombe (Addiction)
SanPsy

Thèse dirigée par Marc Auriacombe

Résumé

Introduction

La perte de contrôle de l’usage d’un objet source de gratification est au centre de la définition de l’addiction ou trouble de l’usage. La validité psychométrique des critères diagnostiques du trouble de l’usage de substances du DSM-5 a pu être testée pour plusieurs substances, mais l’ajout du craving et sa place comme critère diagnostique fait encore débat. Par ailleurs, un modèle de l’addiction a été proposé dans lequel les variations du craving comme phénomène dynamique seraient prédictives de la rechute, appuyant son ajout comme critère diagnostique de la perte de contrôle de l’usage. Cependant les études, à ce jour ont porté uniquement sur des échantillons d’usagers de substances dans une démarche de réduction de l’usage ou d’abstinence. L’objectif principal de ce projet de thèse est de tester la stabilité psychométrique des critères diagnostiques du trouble de l’usage du DSM-5 selon le contexte de soin, en apportant une attention particulière au rôle du craving, d’une part comme critère diagnostique, et d’autre part comme phénomène prédictif de l’usage. Des usagers de substances, recrutés dans des programmes de réduction des risques (HR), un environnement propice à l’usage, ont été comparés à des usagers de substances en demande traitement (TX) de réduction de l’usage ou d’abstinence.

Méthode

La stabilité des 11 critères diagnostiques du trouble de l’usage de l’alcool, de la cocaïne, des opiacés, du cannabis et du tabac a été testée. Des analyses d’Item Response Theory (IRT) et le Differential Item Functioning (DIF), ont permis d’étudier le comportement des critères diagnostiques entre eux et par rapport au trait latent sous-jacent du trouble de l’usage, et de tester le fonctionnement des critères entre les deux populations. L’applicabilité du modèle de l’addiction a été testée parmi des sujets HR avec la méthode EMA (Ecological Momentary Assessment) qui recueille l’intensité du craving et l’usage de substance de façon répétée en vie quotidienne. La méthode HLM (Hierarchical Linear Model) a été utilisée pour analyser les liens prospectifs.

Résultats

Quels que soient la substance et le contexte de soin, les critères diagnostiques évaluant la perte de contrôle de l’usage, à la différence des critères diagnostiques de conséquences de l’usage, fonctionnent correctement et plus particulièrement le critère « craving« . Ce nouveau critère apparait comme le critère le plus sélectif, car il s’ajuste le mieux au modèle à un facteur, il est parmi les plus fréquents, il a un pouvoir discriminant plus marqué que les autres critères et il repère les sujets avec un trouble de l’usage de substance peu sévère. L’EMA met en évidence le rôle prédictif du craving sur l’usage, quel que soit le contexte d’usage.

Conclusion

Ce travail remet en question la pertinence des critères de conséquences de l’usage, de par leurs caractéristiques psychométriques moins performantes que les critères de perte de contrôle, et leur faible stabilité inter-échantillon. Ce travail souligne le rôle du craving comme moteur de l’usage et appuie son intérêt comme mesure diagnostique et pronostique de la perte de contrôle. Ces résultats pourraient faire de lui un marqueur spécifique et précoce de l’addiction facilement détectable et utilisable en clinique, et justifient qu’il puisse être une cible à privilégier des interventions thérapeutiques.

Mots clés : Addiction, craving, neurosciences comportementale, diagnostic, critères diagnostique

Publication

Impact of drug consumption rooms on risk practices and access to care in people who inject drugs in France: The COSINUS prospective cohort study protocol
Marc Auriacombe, Perrine Roux, Laélia Briand Madrid, Sébastien Kirchherr, Charlotte Kervran, Carole Chauvin, Marie Gutowski, Cécile Denis, Maria Patrizia Carrieri, Laurence Lalanne, Marie Jauffret-Roustide. BMJ Open. 2019-02-01. 9(2) : e023683.

Jury

  • M. BENYAMINA Amine – Professeur – Univ. Paris Sud – Rapporteur
  • M. CASAS Miquel – Professeur – Univ. Barcelone – Rapporteur
  • M. AMAD Ali – Maître de Conf. – Univ. Lille – Examinateur
  • M. AHMED Serge – Dir. de Recherche – Univ. Bordeaux – Examinateur
  • M. ALLA François – Professeur – Univ. Bordeaux – Examinateur
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Détails

Date :
18 décembre 2019
Heure :
11:00 - 13:00
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