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Entretien : Stephanie Forkel

Stephanie Forkel

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Après l’arrivée de Michel Thiébault de Schotten (dorénavant chef d’équipe) début 2019, ce sont de nouveaux visages qui ont intégré le GIN (Groupe d’Imagerie Neurofonctionnelle, à l’IMN) fin 2019  : Hervé Lemaître, Patrick Friedrich et Stéphanie Forkel… C’est cette dernière que nous rencontrons aujourd’hui.

Bordeaux Neurocampus: Pourriez-vous nous préciser quel est votre sujet de recherche ?

Stephanie Forkel: Mes recherches portent sur l’utilisation des méthodes de neuroimagerie pour cartographier la variabilité interindividuelle de la structure et des fonctions du cerveau et sur la manière dont cette variabilité influe sur la cognition et la récupération fonctionnelle après une lésion cérébrale (par exemple, un accident vasculaire cérébral ou une tumeur).

Vous êtes co-auteure de quelques publications avec Patrick Friedrich, qui est arrivé en même temps que vous, et Michel Thiebaut de Schotten, le chef d’équipe du GIN. Que pouvez-vous nous dire sur vos collaborations ? Est-ce dans ce contexte que vous êtes venue à Bordeaux Neurocampus ?

Le GIN a été le premier groupe de neuroimagerie en France et a contribué à façonner le domaine de la cartographie du cerveau humain. J’étais consciente de la réputation internationale du GIN et de leur travail exceptionnel sur la variabilité interindividuelle et la latéralisation fonctionnelle. Michel et moi avons commencé à travailler ensemble à Londres il y a une dizaine d’années, et depuis nous avons mené plusieurs projets communs de recherche et de vulgarisation scientifique. Patrick s’est joint à nous à la fin de l’année dernière. Malgré cette période plutôt courte, nous avons développé un style de travail très productif basé sur la complémentarité de nos compétences et de nos expériences. L’arrivée à Bordeaux au moment où Michel avait pris la tête du groupe a été très excitante. Le fait d’avoir déjà travaillé ensemble nous a permis d’être rapidement efficaces et j’ai pu m’immerger dans l’expertise locale du GIN et découvrir de nouvelles recherches passionnantes tout en apportant mes compétences à l’équipe. Je suis ravie d’avoir trouvé un endroit pour faire progresser ma formation scientifique, acquérir de nouvelles compétences et travailler avec d’aussi merveilleux collègues !

Pouvez-vous nous parler de votre implication dans la diffusion des sciences, que vous pratiquez en plus de la recherche ?

Je suis rédactrice en chef adjointe de la revue Cortex et reviewer pour plus de 20 autres revues et plusieurs agences de financement. J’aime beaucoup cette activité car je suis l’une des premières à être au courant des découvertes et de plus je peux avoir un impact positif sur notre domaine. Au début de ma carrière, j’ai eu le grand honneur de contribuer à la réunion des lauréats du prix Lindau Nobel de médecine ou de physiologie et aussi à la « Leadership Academy » de la « German Scholar Organisation ». Ces deux moments ont eu un impact durable sur moi, et je suis toujours une ancienne élève active dans les deux. Récemment, j’ai reçu le prix « top10 Young scientist / Academics Nachwuchspreis« , qui récompense les jeunes chercheurs pour leurs contributions exceptionnelles à la science et à la communication scientifique.

Vous avez participé à de nombreuses activités de sensibilisation scientifique et de stratégie scientifique. Pouvez-vous nous en présenter quelques-unes ?

En effet, je suis vraiment passionnée par la vulgarisation scientifique sous toutes ses formes. Au fil des ans, j’ai expérimenté cela de différentes manières. Par exemple, j’ai travaillé avec la télévision (BBC), organisé des expositions d’art (Science Gallery London, prix Wellcome Trust Image), donné des conférences pour Pint of science, enseigné dans des écoles bilingues (Native scientists) et interviewé le professeur Elizabeth Blackburn, lauréat du prix Nobel, en l’honneur de la Journée internationale des droits de la femme. J’ai également contribué à des activités de conseil en matière de politique scientifique (par exemple, British Research Council, Sueddetusche Zeitung). Ayant étudié la politique dans une vie antérieure, je suis toujours très intriguée par la manière dont ce domaine et la science s’influencent mutuellement. Avec une formation internationale et après avoir vécu dans plusieurs pays, j’ai pu me faire une idée des différents systèmes universitaires et de leur interaction avec la politique.

Je suis très enthousiaste à l’idée d’importer certaines de ces activités à Bordeaux. Parmi elles, l’utilisation de l’impression 3D pour les projets de vulgarisation et les séminaires de neuroanatomie clinique (www.clinicalneuroanatomyseminars.com ; @CNSeminars). Ces séminaires sont des conférences scientifiques que nous diffusons en direct en ligne et que nous conservons ensuite sur une chaîne Youtube

Vous avez un compte Twitter, et vous publiez régulièrement. Pensez-vous que les médias sociaux sont indispensables pour les scientifiques, en neurosciences ou dans d’autres domaines ?

Je suis arrivé assez tard dans la Twittosphère, et il m’a fallu un certain temps pour m’y mettre : j’ai longtemps été une observatrice silencieuse. J’apprécie beaucoup cet outil maintenant : il offre un accès direct à tant d’informations et à tant de personnes ! Bien qu’il puisse y avoir beaucoup de bruit aussi, je pense que c’est une excellente plateforme pour partager des informations et s’engager dans un cadre moins formel. C’est aussi un moyen efficace de sortir du cloisonnement scientifique et de toucher un public plus large, notamment dans le cadre de projets de vulgarisation scientifique (par exemple @CNSeminars) et de nouvelles conférences sur Twitter (par exemple @OHBMequinoX, @worldwideneuro). Je ne dirais pas que c’est indispensable, car cela peut aussi grandement aider à procrastiner, mais j’y ai découvert de superbes échanges, des recherches inédites et des initiatives fantastiques.

 


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27/05/20 // Catégorie(s) : Entre nous, Portraits et entretiens