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Entretien : Mariela Escande

Mariela Escande vient de Buenos Aires, en Argentine, mais vit à Bordeaux depuis plusieurs années. Elle a rejoint en septembre 2018 l’équipe de l’école des neurosciences de Bordeaux, comme manager scientifique. Nous l’avons rencontrée.

Bordeaux Neurocampus : Pouvez-vous nous présenter l’école des neurosciences de Bordeaux ?

Mariela Escande : La vocation de l’Ecole des Neurosciences de Bordeaux (ENB) est de proposer à la communauté internationale un laboratoire de recherche en neurosciences entièrement dédié à la formation. L’ENB donne la possibilité à la communauté universitaire et internationale d’organiser des formations à la recherche en neurosciences, basées sur la pratique expérimentale, et cela tout au long de l’année, telles les « Cajal courses« . L’ENB fournit non seulement l’infrastructure, mais aussi l’expertise dans la logistique pour l’organisation de formations, ainsi que l’accès aux plateformes technologiques, comme par exemple le Bordeaux Imaging Center, partenaire de certaines de nos formations.

L’ENB accueille aussi les étudiants en Master de l’université de Bordeaux. Chaque année nous participons à l’organisation d’un module de Neurosciences avec l’École Santé Sciences, et de TP en Neuroanatomie et en Biologie Moléculaire pour les étudiants NeuroBIM/Neurasmus. Et nous sommes prêts à mettre à disposition le laboratoire pour toute action de formation pratique, avec les enseignants chercheurs en neurosciences, en partenariat avec l’EUR Bordeaux Neurocampus.

Cette année dans le cadre des ‘Bordeaux Summer Schools’, nous avions proposé un workshop intitulé « Introduction to Experimental Neuroscience », qui a du être annulé pour cause de Covid-19. L’idée de cette formation organisée avec l’EUR était de donner à des étudiants d’autres disciplines la possibilité d’être exposés aux neurosciences expérimentales grâce à des mini-projets. Ce qui est intéressant aussi c’est que ce sont des étudiants en thèse, de Bordeaux mais aussi de nos partenaires internationaux, qui sont les instructeurs. Nous sommes très motivés pour organiser ce workshop l’année prochaine en juillet.

Quel impact la crise sanitaire liée à la Covid-19 a-t-elle eu sur l’école ?

C’est très difficile : toutes les formations depuis mars ont été annulées, et nous sommes encore dans l’incertitude, d’autant plus qu’il y a un grand travail en amont pour chaque formation. Comme l’organisation est internationale, et que les instructeurs et les élèves viennent du monde entier, c’est une situation réellement compliquée.

Quelles sont vos fonctions à l’ENB ?

Je rappellerai d’abord que l’équipe est constituée d’une manager, Antonella Caminiti, d’une assistante administrative, Laurie Pougin, qui s’occupe aussi du site web et des réseaux sociaux de l’école, et de deux managers scientifiques : Giuliana Pellegrino et moi-même. Le directeur est Christophe Mulle.

En tant que manager scientifique, lorsqu’une formation est prévue, j’entre en contact avec son directeur et les personnes concernées et je leur donne tous les détails nécessaires sur les équipements, la logistique, etc. Les directeurs de formation proposent en même temps à des chercheurs de participer comme instructeurs ; alors nous les contactons et nous étudions la faisabilité des projets qu’ils proposent sur le thème de la formation. Nous allons alors les aider dans l’organisation de leur projet : préparer le laboratoire, faire le support technique une fois sur place.

En dehors des moments de formation, je suis en charge avec ma collègue de la maintenance des équipements, des commandes de matériel… et de tout travail inhérent à la vie d’un laboratoire : saisines, etc.

Quel a été votre parcours avant d’intégrer l’équipe ?

J’ai fait des études de médecine à l’université de Buenos Aires, où j’ai été diplômée en 2010. J’ai ensuite été professeur assistant, mais j’ai en même temps choisi de faire une thèse, durant laquelle j’ai travaillé sur un modèle non transgénique de la maladie de Parkinson : mes recherches étaient basées sur l’électrophysiologie in vivo, ainsi que sur le comportement.

Je maîtrisais donc bien la neurophysiologie et après mon doctorat, en février 2016, j’ai donc pu rejoindre l’équipe de Christophe Mulle ici à Bordeaux en tant que post-doc.

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans vos missions ?

D’un côté, cela me permet de continuer de travailler dans le domaine scientifique. Les formations ayant des thématiques très différentes les unes des autres, j’apprends tout le temps de nouvelles techniques. Je peux également compléter mes connaissances en neurosciences en suivant les conférences proposées durant les formations : celles durant les cours Cajal sont d’ailleurs ouvertes à toutes la communauté !

De plus, je suis en contact direct avec des chercheurs et des étudiants qui viennent du monde entier, et j’aime beaucoup cet aspect relationnel. Mais nous travaillons aussi avec beaucoup de chercheurs et techniciens de Bordeaux Neurocampus, et il y a vraiment une grande sociabilité, le sentiment agréable de faire partie d’une communauté.

J’aime aussi le fait d’avoir des petits groupes de formation, c’est vraiment beaucoup mieux pour résoudre des problèmes, pour répondre de manière précise et adaptée aux questions et aux besoins. Et c’est une ambiance vraiment agréable voir familiale, cela génère des amitiés !

Enfin, j’apprends aussi l’aspect management : organiser, anticiper… tout cela ça me plaît beaucoup.


Propos recueillis par Nathan Florent

En savoir plus

http://www.bordeaux-school-of-neuroscience.eu/


23/09/20 // Catégorie(s) : Portraits et entretiens, Pour tous