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« Bientôt le LSD à usage thérapeutique ? »

Source Mediscoop 4 sept 2018 Extraits…

C’est ce que se demande Les Echos, qui indique que « 40 ans après l’interdiction des drogues psychédéliques, des chercheurs américains ont recommencé à tester leur utilisation dans un cadre thérapeutique. Avec des résultats prometteurs… ».
Anaïs Moutot, correspondante du journal à San Francisco, explique ainsi que « depuis 2 ans, une promotion de psychologues d’un genre nouveau sort chaque année du California Integral Studies. Cette université de San Francisco dédiée aux sciences humaines et aux médecines alternatives est la première à former des étudiants à la thérapie assistée par les drogues psychédéliques »…..

Anaïs Moutot relève que « ceux-ci ont redécouvert un corpus oublié de plus de 1.000 études cliniques réalisées dans le cadre de 70 programmes de recherche lancés dans les années 1950 et 1960, avec des résultats prometteurs pour traiter la dépression et l’alcoolisme ».
Michael Pollan, professeur en journalisme à l’université de Berkeley, rappelle qu’alors, « le LSD et la psilocybine étaient vus comme des médicaments miracles par une grande partie de l’élite psychiatrique ».

La journaliste relève en effet que « les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, une catégorie d’antidépresseurs à laquelle appartient le Prozac, obtiennent désormais des résultats à peine supérieurs à ceux d’un placebo. Et les laboratoires ont déserté ces maladies pour des marchés à marges plus élevées où les bénéfices sont plus faciles à démontrer ».
Anaïs Moutot explique que « le premier cas d’étude de cette nouvelle vague porte sur la dépression chez les cancéreux en phase terminale. Une étude sur 80 patients réalisée à la New York University (NYU) et à la Johns Hopkins University montre une réduction significative de l’anxiété chez 80% des patients 6 mois après la prise d’une dose forte de psilocybine lors d’une session accompagnée avec un psychothérapeute »…..

Anaïs Moutot ajoute : « Les technologies modernes d’imagerie médicale n’existant pas dans les années 1960, cela permet aujourd’hui de mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre. De la même manière qu’une méditation intense et régulière, les drogues psychédéliques réduisent l’activité du cerveau. En dissolvant l’ego, ces drogues permettent de procurer une expérience quasi religieuse, ce qui donnerait au patient un nouveau sens à sa vie sur Terre….

La journaliste précise qu’« il reste cependant difficile pour les scientifiques d’appréhender ces substances, car leurs effets dépendent du type d’expérience mentale qu’elles provoquent. Pour que la session ait l’effet le plus durable, l’environnement semble jouer un rôle primordial : le patient doit être accompagné d’un psychothérapeute qui le guide pendant la séance, dans une salle avec un décor apaisant et une musique planante ».

11/09/18