
Aline Desmedt lauréate de la BBRF
Aline Desmedt, professeure à l’université de Bordeaux et responsable d’équipe au Neurocentre Magendie, est l’une des 10 lauréats des bourses « Distinguished Investigator Grants » de la Brain & Behavior Research Foundation (BBRF)
Ces bourses d’un montant de 100 000 dollars sont remises à 10 chercheurs chevronnés menant des travaux innovants en neurobiologie et en sciences du comportement. D’une durée d’un an, elles soutiennent des études axées sur des défis majeurs en matière de santé mentale, notamment la dépression, les troubles du spectre autistique, le syndrome de stress post-traumatique, le trouble bipolaire, la schizophrénie, le trouble lié à l’usage de cocaïne et la consommation chronique de cannabis.
Ces bourses sont financées par la WoodNext Foundation et marquent la troisième année d’un engagement de 5 millions de dollars sur cinq ans destiné à soutenir le programme de bourses « Distinguished Investigator Grants » de la BBRF.
Le projet d’Aline Desmedt
Aline Desmedt a développé un modèle animal qui reproduit chez la souris les deux composantes mémorielles du Syndrome de stress post-traumatique (SSPT, on PTSD selon l’acronyme anglophone) : l’hypermnésie traumatique — le revécu intense, involontaire et récurrent de souvenirs traumatiques, se manifestant souvent sous forme de flashbacks ou de pensées intrusives — et l’amnésie contextuelle, c’est-à-dire le fait de se souvenir de détails ou d’événements tout en oubliant les circonstances environnantes. C’est ce qui distingue la mémoire de type SSPT de la mémoire de peur normative. Ce projet vise à identifier les mécanismes neuronaux sous-jacents au passage de la mémoire de peur pathologique (de type SSPT) à la mémoire de peur normative, et inversement.
Dans des modèles animaux, l’équipe étudiera le devenir et la représentation de l’« engramme mnésique » au cours de la formation, de la prévention et de la normalisation de la représentation du traumatisme. L’objectif est de déterminer dans quelle mesure une trace mnésique se transforme lorsque la mémoire traumatique (re)contextualisée est normalisée, afin de mettre en lumière les mécanismes neurobiologiques susceptibles d’orienter le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques et préventives.
Mise à jour: 18/03/26