Thèse de Thomas Prévôt

Pathogénicité du stress chronique chez l'adulte dans un modèle murin : impact à long terme et rôle de la somatostatine

Le 15 décembre 2015

Thèse sous la direction du Pr Jean-Louis GUILLOU à l’INCIA.

Le stress a une fonction adaptative mais son influence délétère sur la santé physique, cognitive et mentale lorsqu’il se présente de façon excessive et/ou chronique est aujourd’hui reconnue. De très nombreux travaux ont démontré que le jeune enfant, l’adolescent et le sujet âgé y sont particulièrement vulnérables.

L’objectif de cette thèse a été de déterminer s’il existe une sensibilité au stress chronique chez l’adulte selon l’âge au moment de l’exposition. Le modèle de stress chronique léger et imprédictible mis au point chez la souris a été utilisé. Les impacts à court et long-terme (sujet âgé), ont été déterminés en analysant les troubles somatiques, hédoniques, anxieux, dépressifs et cognitifs, caractéristiques du syndrome de stress. Contrairement à l’idée selon laquelle l’adulte serait plus résistant et plus résilient aux perturbations induites par le stress, les résultats de cette thèse démontrent qu’une période de stress à l’âge adulte produit des effets délétères drastiques non seulement immédiats mais également à long terme. Toutefois, l’adulte d’âge moyen serait plus résistant et plus résilient relativement aux adultes jeunes ou d’âge avancé qui présentent une symptomatologie plus marquée.

La sévérité des symptômes anxieux initialement générés par le stress est corrélée à la fois avec la persistance des troubles et la modification des marques de répression génique dans l’hippocampe indiquant la présence d’une signature épigénétique de l’épisode de stress à long terme. Des études récentes ont suggéré l’implication de la somatostatine centrale dans les régulations émotionnelles et relient la vulnérabilité au stress chronique des neurones somatostatinergiques avec le développement de troubles anxio-dépressifs. Les résultats de cette thèse ont permis d’identifier l’inhibition à la fois de l’axe HPA et des comportements anxio-dépressifs par les récepteurs sst2 et sst4 de l’hippocampe. Les profils comportementaux induits par l’utilisation d’agonistes sélectifs ou par la délétion de ces deux récepteurs suggèrent l’existence de deux voies de régulation interagissant respectivement avec les systèmes sérotoninergique (voie sst2) et noradrénergique (voie sst4), l’une régulant principalement l’état anxieux, l’autre les désordres dépressifs et cognitifs.

Ainsi, cette thèse étaye l’importance de la pathogénicité du stress chronique chez l’adulte et l’importance des régulations neuroendocriniennes et cognitivo-émotionnelles par les récepteurs sst2 et sst4, une spécificité qui doit être prise en considération dans l’utilisation et le développement des traitements somatostatinergiques ciblant les dérèglements de l’axe HPA et l’atteinte des fonctions centrales qui en résultent.

Jury

  • Jacques EPELBAUM (Pr. UMR INSERM 894, Univ. Paris-Descarte) : Président du jury
  • Catherine BELZUNG (Pr., INSERM 930, Institut Univ. de France) : Rapporteur
  • Jean-Louis MILLOT (Pr. EA 481, Univ. Franche-Comté) : Rapporteur
  • Daniel BERACOCHEA (DR, UMR CNRS 5287, Univ. Bordeaux) : Examinateur
  • Jean-Philippe GUILLOUX (MCU, UMRS INSERM 1178, Univ. Paris-Sud) : Examinateur
  • Cécile VIOLLET (DR, UMR INSERM 894, Univ. Paris-Descarte) : Examinateur
  • Jean-Louis GUILLOU (Pr. UMR CNRS 5287, Univ. Bordeaux) : Directeur de thèse
Last update: 6 avril 2018