Thèse de Lucie Blaszczyk-Gerand

Etude des cellules astrocytaires et microgliales thalamiques dans un modèle de douleur neuropathique chez le rat.

Soutenue le 25 juin 2015

Les douleurs neuropathiques qui font suite à une lésion nerveuse concernent 400 millions d’individus dans le monde. A l’heure actuelle il n’existe aucun traitement qui permet d’abolir définitivement ces douleurs. Il est donc nécessaire de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques. Ces dernières années de nombreuses études ont suggéré que les cellules gliales, astrocytes et microglie, pourraient jouer un rôle important dans le développement et le maintien des douleurs neuropathiques. Ces études se sont, de manière étonnante, peu intéressées aux structures supra-spinales. Mon travail de thèse a donc consisté à caractériser par des approches de PCR quantitative en temps réel et d’immunohistochimie, les astrocytes et les cellules microgliales thalamiques dans un modèle de douleur neuropathique (ligature des nerfs spinaux L5 et L6 chez le rat), le thalamus étant une structure clé dans l’intégration de l’information douloureuse.

Contre toute attente, je montre dans le thalamus, en condition de douleur neuropathique attestée par des approches comportementales, une diminution précoce (14 jours après la lésion nerveuse= J14) et transitoire (non observée 28 jours après la lésion nerveuse= J28) du nombre de cellules immunopositives pour chacun des 4 marqueurs principalement utilisés pour étudier la glie : Iba-1 et CD11b/c pour la microglie et GFAP et S100β pour les astrocytes. De manière concomitante (J14) et plus tardive (J28) je montre par une approche par PCR quantitative en temps réel sur noyaux thalamiques microdisséqués que l’expression de l’ARNm de la fractalkine, de son récepteur microglial et de l’enzyme microgliale qui engendre la forme soluble de la fractalkine est augmentée chez les animaux neuropathiques et ce de manière corrélée avec l’intensité des symptômes douloureux. Ces facteurs sont connus pour être impliqués dans une boucle d’amplification de l’information nociceptive au niveau de la moelle épinière, leur sur-expression signant une réactivité microgliale. Enfin, je montre qu’à J28 la surface occupée par l’immunomarquage GFAP est augmentée dans le thalamus des animaux neuropathiques sans modification du nombre d’astrocytes GFAP immunopositifs ce qui objective une hypertrophie astrocytaire et donc une réactivité astrocytaire.

Ce travail dévoile donc une ambivalence au niveau des altérations de la glie thalamique dans ce modèle de douleur neuropathique: une diminution précoce de l’expression des marqueurs gliaux thalamiques suivie d’une réactivité astrocytaire plus tardive concomitante à des signes de réactivité microgliale. De nombreuses expériences sont encore nécessaires pour appréhender l’impact de cette ambivalence gliale thalamique inédite dans un contexte de douleur neuropathique.

Publications

An Eighteen-Month Helicobacter Infection Does Not Induce Amyloid Plaques or Neuroinflammation in Brains of Wild Type C57BL/6J Mice.Baudron CR, Chambonnier L, Buissionnière A, Giese A, Macrez N, Cho Y, Fénelon V, Blaszczyk L, Dubus P, Lehours P, Mégraud F, Salles N, Varon C.
J Alzheimers Dis. 2015 Feb 19. [Epub ahead of print]

Cancer pain is not necessarily correlated with spinal overexpression of reactive glia markers. Ducourneau VR, Dolique T, Hachem-Delaunay S, Miraucourt LS, Amadio A, Blaszczyk L, Jacquot F, Ly J, Devoize L, Oliet SH, Dallel R, Mothet JP, Nagy F, Fénelon VS, Voisin DL. Pain. 2014 Feb;155(2):275-91. doi: 10.1016/j.pain.2013.10.008. Epub 2013 Oct 11.

Jury

  • Président : Marc Landry (Professeur, Bordeaux)
  • Rapporteur : Sophie Pezet (Maître de conférences, Paris)
  • Rapporteur : Lénaïc Monconduit (Maître de conférences, Clermont-Ferrand)
  • Examinateur : Luis Garcia-Larrea (Directeur de recherche, Lyon)
  • Directrice de thèse : Valérie Fénelon (Professeur, Bordeaux)

Directrice de thèse

Valérie Fénelon
Professeur Université de Bordeaux

Unité et équipe de Recherche
Equipe « Relations Glie-Neurone », INSERM U862
Neurocentre Magendie et Université de Bordeaux, « Physiopathologie de la plasticité neuronale »

Last update: 9 avril 2018