Thèse d’Emilie Faggiani

Les systèmes monoaminergiques : Implication dans la physiopathologie et la thérapie de la maladie de Parkinson

Soutenue le 3 décembre 2014

La maladie de Parkinson est caractérisée par la manifestation de symptômes moteurs principalement dus à la dégénérescence du système dopaminergique. Malgré l’accent mis sur les déficits moteurs, la maladie de Parkinson est également caractérisée par des symptômes non moteurs, incluant l’anxiété et la dépression, qui sont sous-étudiés et de ce fait pas bien traités.
Alors que certaines études cliniques ont suggéré que l’anxiété et la dépression pourraient être associées à la dégénérescence des neurones dopaminergiques, d’autres ont suggéré l’implication de la dégénérescence des neurones noradrénergiques et sérotoninergiques dans les troubles observés mais également dans les effets induits par la Lévodopa et la stimulation cérébrale profonde du noyau sous-thalamique. Dans un premier temps, nous avons étudié le rôle respectif de la dopamine, de la noradrénaline et de la sérotonine dans la manifestation des déficits parkinsoniens moteurs et non moteurs chez le rat. L’ensemble de nos résultats démontre que malgré l’importance du système dopaminergique, la perturbation des trois systèmes monoaminergiques joue un rôle important à la fois dans la manifestation des troubles moteurs et non moteurs.

Nous avons également étudier l’impact des monoamines sur l’efficacité des traitements antiparkinsoniens, à savoir, la Lévodopa et la stimulation cérébrale profonde du noyau sous-thalamique, sur les troubles observés. Nos résultats montrent que la déplétion combinée des systèmes monoaminergiques peut altérer l’efficacité de la Lévodopa ainsi que de la stimulation cérébrale profonde sur certains troubles.

Ces résultats peuvent expliquer le manque d’efficacité des traitements antiparkinsoniens chez certains patients et la difficulté à traiter tous les symptômes. Pour finir, nous avons voulu mettre en évidence le lien entre le noyau sous-thalamique, structure excitatrice des ganglions de la base et les troubles moteurs, ainsi que l’amygdale basolatérale et l’habénula latérale, structures impliquées dans les comportements émotionnels, et les troubles non moteurs. Nous avons mis en évidence le parallèle existant entre les modifications du mode de décharge des neurones du NST et les troubles moteurs, les changements de l’amygdale basolatérale et les troubles anxieux ainsi que ceux de l’habénula latérale et les troubles dépressifs.

Les résultats de ces travaux de thèse ont donc permis d’apporter de nouvelles évidences sur l’implication des trois systèmes monoaminergiques dans la physiopathologie et la thérapie de la maladie de Parkinson.

Mots clés : Maladie de Parkinson, dopamine, noradrénaline, sérotonine, moteur, non moteur, stimulation cérébrale profonde, Lévodopa, noyau sous-thalamique, amygdale basolatérale, habénula latérale.

Jury

  •  B. BIOULAC 
    PU-PH Univ Bordeaux Président
  • L. KERKERIAN-LEGOFF 
    DR CNRS, Marseille – Rapporteur
  • M. SAVASTA 
    DR INSERM, Marseille  – Rapporteur
  • D. GUEHL 
    PU-PH Univ Bordeaux – Examinateur
  • A. BENAZZOUZ 
    DR INSERM, Bordeaux – Directeur de thèse

Directeur de thèse

Abdelhamid Benazzouz, PhD
INSERM Reseach Director
Team Leader: « Monoamines, DBS & Parkinson »
IMN
CNRS UMR 5293
Université de Bordeaux

Last update: 10 avril 2018