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Thomas Larrieu et al. dans Translational Psychiatry

le bénéfice des oméga-3 dans le traitement et/ou la prévention des troubles de l'humeur

Le 21 octobre 2014

Nutritional omega 3 modulates neuronal morphology in the prefrontal cortex along with depression-related behaviour through corticosterone secretion. Transl. Psychiatry 4, (2014)
Thomas Larrieu 1,2, Muna L. Hilal 3,4, Célia Fourrier 1,2, Véronique De Smedt-Peyrusse 1,2, Nathalie Sans 3,4, Lucile Capuron 1,2 and Sophie Layé 1,2*
1 INRA, Nutrition et Neurobiologie Intégrée, UMR 1286, 33076 Bordeaux, France 2 Univ. Bordeaux, Nutrition et Neurobiologie intégrée, UMR 1286, 33076 Bordeaux, France 3 INSERM, Neurocentre Magendie, UMR 862, 33077 Bordeaux, France 4 Univ. Bordeaux, Neurocentre Magendie, UMR 862, 33077 Bordeaux, France

 Cette publication est reprise par
 Nature Reviews Neuroscience !
DEPRESSION: Mood food
Katherine Whalley / Nature Reviews Neuroscience 15, 698 (2014) doi:10.1038/nrn3842
Published online 01 October 2014




During the industrial era, the rapid expansion of Western countries has been associated with drastic changes in the omega-6:omega-3 content of the diet reflected by large quantities of omega-6 and smaller amounts of omega-3. This nutritional omega-3 deficiency has been associated with many diseases, including mood disorders in Western countries. However, mechanisms underlying the effects of omega-3 deficient diet on mood disorders remain largely unknown. In the present study we unravel molecular and cellular mechanisms by which nutritional disturbances lead to impaired emotional behaviour in mice. For the first time, we report that nutritional omega-3 deficiency, like chronic social defeat stress, induces detrimental morpho-functional changes. Our data provide clear evidence that omega-3 deficiency induces hypothalamo pituitary adrenal axis (HPA) hyperactivity that leads to neuronal atrophy and emotional alterations. Below zoomable picture


This work also addresses an important question in the area of nutritional sciences and neurosciences regarding an alternative health care perspective of developing strategies to prevent or better treat mood disorders. Indeed, efficient pharmacological treatments against depression are lacking, full remission is rare and resistance to treatment is observed in a large proportion of patients. There has been considerable attention to the role of nutrition, particularly the amount of dietary omega-3 fatty acids, in preventing/treating depression. Epidemiologic and case-control data suggest that increased dietary intake of omega-3 long-chain fatty acids may be of benefit in mood disorders. However, the results of randomised controlled trials are mixed and controversy exists as to whether nutritional intervention can be really useful in treating depression. We here show for the first time that dietary omega-3 supplementation induces resilience to the effects of chronic social defeat stress on emotional behaviours by preventing HPA axis hyperactivity and neuronal atrophy in mPFC.

These results address an ongoing exciting debate, and this long-awaited demonstration echoes controversial data that appeared in previous studies. Our findings provide new arguments in favour of the hypothesis suggesting that increased dietary intake of omega-3 may be of benefit and helpful in treating/preventing mood and anxiety disorders.

Thomas Larrieu est post doctorant dans l'Institut NutriNeurO Bordeaux, France



Résumé

Au cours de l'ère industrielle, l'expansion rapide des pays occidentaux a été associée à des changements drastiques des habitudes alimentaires et notamment celles concernant les acides gras oméga-6 et oméga-3. En effet, la consommation de produits riches en oméga-3 (huile de colza, poissons gras…) a diminué au profit de produits riches en oméga-6 (huile de tournesol, viandes…) entrainant ainsi un déséquilibre dans le ratio oméga-6/oméga-3. Cette déficience nutritionnelle en oméga-3 a été associée dans les pays occidentaux à de nombreuses maladies, et notamment les troubles de l'humeur. Cependant, les mécanismes qui sous-tendent les effets d’un régime déficient en oméga-3 sur les troubles de l'humeur restent en grande partie inconnus.

Dans cette étude, nous avons mis en évidence des mécanismes moléculaires et cellulaires par lesquels une déficience nutritionnelle en oméga-3 conduit à des altérations du comportement émotionnel chez la souris. Nous montrons ainsi qu’une déficience en oméga-3 induit chez la souris un état de stress identique à celui observé à la suite d’un protocole de stress chronique de défaite sociale (comportements de type anxieux et dépressifs, hypercorticostéronémie et atrophie neuronal dans le cortex préfrontal). Nos données montrent clairement que le régime déficient en oméga-3 engendre une hyperactivité de l’axe hypothalamo-hypophysaire (HPA) responsable de l'atrophie neuronale et des altérations comportementales.


Enfin, notre étude montre pour la première fois qu’une supplémentation alimentaire en oméga-3 prévient l'apparition de comportements de type anxieux observés à la suite d’un protocole de stress chronique en modulant l’activité de l’axe HPA. Nos résultats fournissent de nouveaux arguments en faveur de l'hypothèse suggérant que l'augmentation de l'apport alimentaire d'acides gras oméga-3 peut être bénéfique et utile dans le traitement et/ou la prévention des troubles de l'humeur.

Thomas Larrieu (thomas.larrieu @ bordeaux.inra.fr)
Dernière mise à jour le 22.10.2014