Aller au contenuAller au menuAller à la recherche

Dyskinésies orofaciales...

Philippe de Deurwaerdère , Mélanie Lagiére

Le 19 avril 2013

Réponses motrices aberrantes, sérotonine et ganglions de la base…

The enhanced oral response to the 5-ht2 agonist ro 60-0175 in parkinsonian rats involves the entopeduncular nucleus: electrophysiological correlates. Lagière M, Navailles S, Mignon L, Roumegous A, Chesselet MF, De Deurwaerdère P.
Exp Brain Res. 2013 Mar 28

Lien PubMed


Dans ce travail, nous apportons des données neurobiologiques concernant l’exagération de dyskinésies orofaciales (réponses motrices aberrantes) induites par des composés sérotoninergiques (5-HT) dans un modèle de la maladie de Parkinson chez le rat. Les dyskinésies orofaciales font intervenir les ganglions de la base, un ensemble de structures sous-corticales impliquées dans le contrôle des comportements moteurs. Ce trouble moteur ressemble à ce qui est observé chez l’humain suite à des traitements « dopaminergiques » au long cours avec des neuroleptiques ou des traitements anti-parkinsoniens.
Le blocage chronique de la transmission dopaminergique potentialise les dyskinésies orofaciales induites par des agonistes 5-HT. En collaboration avec le laboratoire de Marie-Françoise Chesselet (UCLA), nous avons précisé des mécanismes impliqués dans cette réponse pharmacologique et notamment, cette année, le rôle essentiel du sous-type de récepteur 5-HT2C. Ici, à l’aide d’une approche comportementale et électrophysiologique, nous montrons que la réponse excessive et aberrante des agents 5-HT chez des rats hémiparkinsoniens implique le noyau entopédonculaire (équivalent du globus pallidus interne des primates), une structure de sortie des ganglions de la base. La « néo-activité » délétère des neurones du noyau entopédonculaire conséquente à la lésion dopaminergique s’ajoute aux activités délétères que l’on peut évaluer chez des rats naïfs au niveau du striatum et du noyau sous-thalamique, les deux structures d’entrée des afférences corticales sur les ganglions de la base. Ces contrôles multiples et région-dépendants exercés par le récepteur 5-HT2C, qui font l’objet d’une revue exhaustive dans le même numéro, rappellent que la 5-HT joue des rôles dans les ganglions de la base.


Legende

A. Photographie montrant le rat pendant l’injection de l’agoniste sérotoninergique (Ro 60-0175) dans le noyau entopédonculaire (NEP), comme montré en B, chez un animal hémiparkinsonien (6-OHDA). C. L’agoniste dans le NEP augmente les dyskinésies (oral bouts) uniquement chez les rats 6-OHDA. D. Les neurones du NEP sont inhibés par l’agoniste uniquement chez des rats hémiparkinsoniens (enregistrements extracellulaires d’un neurone).

Focus

Philippe DE DEURWAERDERE
Professeur des Universités.
Université de Bordeaux 2: UFR des Sciences de la vie

Ses publications...


Mélanie Lagière
Doctorante
Soutenance: Octobre 2013
Ses publications...

Equipe: Monoamines, stimulation cérébrale profonde et maladie de Parkinson.Teamleader: Abdelhamid Benazzouz.