Aller au contenuAller au menuAller à la recherche

Serge Ahmed et al. dans Molecular Psychiatry

La stimulation à haute fréquence du noyau subthalamique protège contre l’addiction à la cocaïne

Le 19 juin 2018

Pelloux Y*, Degoulet M*, Tiran-Cappello A, Cohen C, Lardeux S, George O, Koob GF, Ahmed SH and Baunez C (2018)"Subthalamic nucleus inactivation prevents and reverses escalated cocaine use.” Molecular Psychiatry" 

Serge Ahmed
team leader: Pathological decision-making in addiction / IMN / Bordeaux Neurocampus
Christelle Baunez / Directrice de Recherche CNRS / Université de Provence (Aix-Marseille) Institut de Neurosciences de la Timone, UMR 7289 CNRS 




 La transition de l’usage à l’addiction s’accompagne d’une escalade de la consommation de drogue
(en termes de dose et fréquence d’usage). Comprendre le substrat neurobiologique de cette escalade représente un enjeu majeur de la recherche actuelle dans le domaine. L’équipe de Christelle Baunez s’intéresse depuis de nombreuses années au rôle du noyau sous-thalamique (NTS) dans les effets motivationnels de la cocaïne. En s’associant avec l’équipe de Serge Ahmed, spécialisée dans la modélisation expérimentale des phénomènes d’addiction, ils viennent de mettre en évidence le développement d’une activité électrophysiologique anormale dans le NTS au cours de la transition vers l’addiction. Le blocage du développement de cette activité anormale par lésion ou stimulation cérébrale profonde à haute fréquence permet de prévenir cette transition. De manière plus intéressante du point de vue translationnel, la normalisation de cette activité anormale grâce à la stimulation cérébrale profonde du NST à haute fréquence exerce aussi un effet protecteur puissant en bloquant la rechute après abstinence. La modulation de l’activité neuronale du NST apparaît donc comme une intervention potentielle dans le traitement de la rechute chez les usagers de cocaïne dépendants. (A gauche portrait de Serge Ahmed, Photo@Sharpen et Christelle Baunez)


 
La figure montre (cliquez sur l'image pour l'agrandir) en haut à gauche que lorsque les animaux s’auto-administrent la cocaïne pendant des sessions de courte durée (Short Access ou ShA, 2 h/jour), ils maintiennent une fréquence de consommation modérée et stable au fil du temps. En revanche, avec un accès plus prolongé à la drogue (Long Access ou LgA, 6h/jour), la consommation augmente. On parle d’escalade (voir aussi graphes du bas).
En haut à droite, les couleurs chaudes indiquent l’activité neuronale enregistrée au sein du noyau subthalamique (NTS) avant (ShA) et pendant l’escalade de la consommation de cocaïne (LgA). Les graphes du bas montrent l’effet préventif de la stimulation à haute fréquence du NTS sur l’escalade (à gauche) et l’effet thérapeutique sur la rechute après abstinence (à droite).


Serge Ahmed, PhD, CNRS Research Director, Université de Bordeaux Bordeaux Neurocampus IMN UMR CNRS 5293 Bordeaux, France (serge.ahmed @ u-bordeaux.fr)
Dernière mise à jour le 19.06.2018