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Marie Pierre Moisan et al. dans Psychoneuroendocrinology

Rôle de la Corticosteroid Binding Globulin (CBG) dans les différences de réactivité émotionnelle entre sexe / Role of Corticosteroid Binding Globulin in emotional reactivity sex differences in mice.

Le 12 novembre 2014

Role of corticosteroid binding globulin in emotional reactivity sex differences in mice. Minni AM, de Medeiros GF, Helbling JC, Duittoz A, Marissal-Arvy N, Foury A, De Smedt-Peyrusse V, Pallet V, Moisan MP. Psychoneuroendocrinology. 2014 Aug 17;50C:252-263. doi: 10.1016/j.psyneuen.2014.07.029. 



Des différences entre sexe existent pour la réactivité au stress ainsi que pour la prévalence de la dépression qui est plus fréquente chez les femmes en âge de procréer et souvent précipitée par des événements stressants.
La CBG (Corticosteroid Binding Globulin) ou transcortine est une glycoprotéine plasmatique dont le rôle dans la réactivité émotionnelle a été démontré dans nos études précédentes chez la souris mâle à l’aide du modèle Cbg k.o. Du fait que la CBG présente un dimorphisme sexuel et est régulée par les estrogènes, nous avons étudié dans cette étude le rôle de la CBG dans les différences entre sexe de réactivité émotionnelle.

En comparant des animaux de type sauvage et des Cbg k.o. des 2 sexes, nous avons détecté des différences entre sexe pour des comportements de résignation chez les souris contrôles mais pas chez les Cbg k.o. Nous avons montré par ovariectomie suivie ou non par une complémentation par l’estradiol que cette hormone explique les différences entre sexe trouvées chez les souris contrôles. Cette manipulation des estrogènes n’a aucun effet chez les souris Cbg k.o. femelles. Chez ces dernières nous montrons que la plus forte réactivité émotionnelle est associée, comme chez les mâles, à une élévation suboptimale de la corticosterone après stress, due à une clairance plasmatique plus élevée.

Ainsi, les différences entre sexe pour la réactivité émotionnelle sont expliquées par les niveaux d’estrogènes chez les souris de type sauvage. Cependant, la présence de CBG est nécessaire dans les 2 sexes pour atteindre des niveaux optimaux de corticosterone qui vont influer sur la réactivité émotionnelle. Chez les femelles, l’importance de la CBG n’est apparente qu’en situation de faibles niveaux d’estrogènes, montrant l’interaction complexe entre CBG et estrogènes.






Resume

Sex differences exist for stress reactivity as well as for the prevalence of depression, which is more frequent in women of reproductive age and often precipitated by stressful events. We have previously shown that corticosteroid binding globulin (CBG) deficiency in a mouse model (Cbg k.o.) leads, in males, to an increased despair-like behavior caused by suboptimal corticosterone stress response. Because CBG displays a sexual dimorphism and is regulated by estrogens, we have now investigated whether it plays a role in the sex differences observed for emotional reactivity in mice. By analyzing Cbg k.o. and wild-type (WT) animals of both sexes, we detected sex differences in despair-like behavior in WT mice but not in Cbg k.o. animals. We showed through ovariectomy and estradiol (E2) replacement that E2 levels explain the sex differences found in WT animals. However, the manipulation of E2 levels did not affect the emotional behavior of Cbg k.o. females. In the latter we showed that, as in males, suboptimal free corticosterone rise, due to increased corticosterone clearance in plasma, is associated with the observed high emotionality. Thus, sex differences for despair-like behavior in WT mice are explained by estrogens levels. Also, in both sexes, the presence of CBG is required to attain optimal glucocorticoid concentrations and normal emotional reactivity; although in females this is apparent only under low E2 concentrations. These findings suggest a complex interaction of CBG and E2 on emotional reactivity in females.


Marie-Pierre Moisan, PhD est Directeur de recherche
INRA, Université Bordeaux. Co-responsable de l'équipe - Nutrition, récepteurs nucléaires et vieillissement cérébral à NutriNeuro.

 

Marie Pierre Moisan (mpmoisan @ bordeaux.inra.fr)
Dernière mise à jour le 12.11.2014

1er auteur



Amandine Mini a soutenu sa thèse en 2011 sous la direction de Marie Pierre Moisan dans l'Equipe "Nutrition, récepteurs nucléaires et vieillissement cérébral" de Véronique Pallet / Marie-Pierre Moisan.

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