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Gwenaelle Catheline et al. dans Alzheimers Dement

Dynamique spatio-temporelle de l’atrophie cérébrale dans la phase asymptomatique de la maladie d’Alzheimer.

Le 31 janvier 2014

Time course of brain volume changes in the preclinical phase of Alzheimer's disease. Bernard C, Helmer C, Dilharreguy B, Amieva H, Auriacombe S, Dartigues JF, Allard M, Catheline G. Alzheimers Dement. 2014 Jan 10. ; PubMed

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La signature morphologique de la maladie d’Alzheimer (MA) au stade de démence a été largement décrite par les études en IRM.
Ainsi, un sujet ayant une démence de type Alzheimer présente une atrophie au niveau du cortex temporal médian, du cortex temporal latéral, du cortex pariétal inférieur, du cortex cingulaire postérieur et au niveau du cortex frontal. 


Cette signature morphologique est également observée à des stades plus précoces de la maladie, tel que chez des sujets MCI (Mild Cognitive Impairment),
indiquant que le processus neurodégénératif est largement en place chez des sujets dans un stade préclinique symptomatique. Il existe peu de données sur les modifications morphologiques survenant dans les phases précoces, asymptomatiques de la maladie, en raison de la difficulté à identifier les sujets qui vont développer la MA.
Les études épidémiologiques avec suivis sur de nombreuses années permettent d’étudier les phases précoces de la maladie en analysant rétrospectivement les cas incidents de MA, c'est-à-dire les sujets qui sont cognitivement normaux au moment de l‘inclusion et développent la maladie au cours du suivi.  Ainsi, il a pu être montrer que le déclin cognitif associé à la MA débute au moins une décennie avant que le diagnostic clinique de démence ne soit posé (Amieva et al., 2008). Dans le cadre de la cohorte des 3 Cités (Bordeaux, Dijon, Montpellier), nous avons réalisé une analyse morphométrique des structures cérébrales des cas incidents inclus à Bordeaux, sur les IRM réalisées à l’inclusion et 4 ans plus tard en collaboration avec l’équipe de JF Dartigues de l’ISPED. Nous avons ainsi pu étudier la dynamique des modifications morphologiques survenant, en moyenne 5,6 ans avant le diagnostic de démence, alors même que les sujets sont encore considérés comme des sujets cognitivement normaux.

Les cartes corticales des sujets qui vont évoluer vers une démence sont comparées à celles de ceux qui restent cognitivement normaux, prenant en compte l’ensemble des régions cérébrales, sans sélection d’une région cérébrale a priori. Dans une première analyse transversale, seule la région amygdalo-hippocampique gauche présente un volume plus petit chez les cas incidents, 5,6 ans avant le diagnostic de démence.


 

Dans une deuxième analyse,
cette fois longitudinale, permettant de mesurer les pertes de volume cérébral entre l’IRM 1 et l’IRM2 pour chaque sujet, nous avons montré que les cas incidents présentaient un taux d’atrophie significativement plus important dans le cortex temporal latéral et le cortex pariétal inférieur.  


 

1- les données longitudinales acquises sur plus de 10 ans dans une cohorte en population, seules capables de discriminer les sujets cognitivement stables des sujets en phases très précoces asymptomatiques de la MA. En effet, les sujets inclus dans le groupe contrôle sont des sujets qui ne sont pas devenus déments 10 ans après la première IRM. Actuellement, dans la plupart des études, le groupe contrôle est constitué sur la base de données neuropsychologiques transversales acquises au moment de l’analyse ou avec un suivi court (2 à 3 ans, le plus souvent), ce qui ne permet pas d’exclure les sujets engagés dans la phase silencieuse de la MA.

2- L’utilisation d’une méthodologie d’analyse longitudinale des volumes cérébraux pour chaque sujet permettant de décrire la dynamique temporelle des altérations structurelles. Ces résultats soulignent l’apport de la neuroimagerie dans les études de cohorte en population dans la compréhension des processus neurodégénératifs d’évolution très lente comme ceux impliqués dans la maladie d’Alzheimer.

Ces résultats soulignent l’apport de la neuroimagerie dans les études de cohorte en population dans la compréhension des processus neurodégénératifs d’évolution très lente comme ceux impliqués dans la maladie d’Alzheimer. 

 

Gwenaelle Catheline (gwenaelle.catheline @ u-bordeaux2.fr)
Dernière mise à jour le 03.02.2014

1er Auteur



Charlotte Bernard
PhD , INCIA 
CNRS UMR 5287 - INCIA
Institut de Neurosciences cognitives et intégratives d'Aquitaine

Thèse le 17 dec 2013