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Marc Peschanski" Cellules souches pluripotentes, des outils thérapeutiques versatiles pour des pathologies du système nerveux central "

Abstract :


Une étude préliminaire que nous avons publiée en 2000 (Bachoud-Lévi et al., The Lancet 2000) avait montré des résultats prometteurs suite à l'implantation intra-striatale de précurseurs neuraux et de neuroblastes striataux chez des patients présentant une maladie de Huntington.



Parmi les cinq patients greffés, quatre avaient démontré une amélioration clinique claire, dans les fonctions cognitives et motrices, bien corrélée avec la présence de sites de dépôts de cellules visibles en IRM, dans lesquels une tomographie par émission de positons après administration de fluoro-désoxyglucose démontrait une augmentation significative de l'activité métabolique, ainsi que dans des secteurs corticaux frontaux reliés au striatum (Gaura V et al.., Brain 2004). Les améliorations ont duré plusieurs années chez trois des patients mais un déclin secondaire s'est enclenché trois à six ans après la greffe (Bachoud-Lévi et al., Lancet Neurol 2006). Un consortium clinique (le réseau MIG-HD) a été alors organisé pour élargir les essais à 50 patients.

Les problèmes logistiques posés par les greffes issues de donneurs fœtaux sont toutefois un obstacle majeur qui s'oppose à l'extension de la technique. Nous avons besoin de cellules qui peuvent être produites à volonté pour servir tous les neurochirurgiens impliqués. Les cellules souches embryonnaires humaines peuvent répondre à ce défi. Nous avons donc entrepris de produire en laboratoire les neurones striataux nécessaires (Aubry et al., PNAS 2008), et nous avons entrepris de les conduire jusqu'à l'essai clinique.


En parallèle, les cellules souches humaines nous permettent d'aborder une autre piste au potentiel thérapeutique pour les maladies monogéniques, la modélisation des défauts moléculaires associés à l'expression du gène muté. Exprimant spontanément le gène causal, des cellules souches dérivées de malades, notamment d'embryons caractérisés au décours d'un diagnostic pré-implantatoire, représentent en effet un outil privilégié pour explorer tant les mécanismes de ces maladies, par les moyens de la génomique fonctionnelle, que leurs traitements par les techniques de criblage à haut débit de chimiothèques.

Nos résultats dans la pathologie neurologique associée à la myotonie dystrophique de Steinert valident cette approche (Marteyn et al. Cell Stem Cell 2011) que nous étendons aujourd'hui rapidement à d'autres maladies grâce aux lignées cellulaires issues des embryons du DPI et aux lignées iPS de cellules induites à la pluripotence. 

Selected publications

Epidermal Grafting, the Case for Pluripotent Stem Cells.Lemaître G, Nissan X, Baldeschi C, Peschanski M.Stem Cells. 2011 Apr 6. doi: 10.1002/stem.636. [Epub ahead of print]
Mutant human embryonic stem cells reveal neurite and synapse formation defects in type 1 myotonic dystrophy.Marteyn A, Maury Y, Gauthier MM, Lecuyer C, Vernet R, Denis JA, Pietu G, Peschanski M, Martinat C.Cell Stem Cell. 2011 Apr 8;8(4):434-44. Epub 2011 Mar 31.
Human pluripotent stem cells in drug discovery and predictive toxicology.Laustriat D, Gide J, Peschanski M.Biochem Soc Trans. 2010 Aug;38(4):1051-7. Review.

Human embryonic stem cells and genomic instability.Lefort N, Perrier AL, Laâbi Y, Varela C, Peschanski M.Regen Med. 2009 Nov;4(6):899-909. Review.

Scientific focus :

Médecin et docteur d'état en neurosciences, Marc Peschanski est actuellement directeur scientifique de l'I-Stem (Institut des cellules souches pour le traitement et l'étude des maladies monogéniques, unité Inserm 861) à Evry. Ce centre de recherche Inserm est entièrement dédié à l'exploration des potentiels thérapeutiques des cellules souches dans les maladies rares d'origine génétique. Entré à l'Inserm en 1982, Marc Peschanski a débuté la recherche en travaillant sur la neurophysiologie et l'anatomie de la douleur à Paris et à San Francisco. Changeant d'axe de recherche, il s'est consacré, à partir de 1985, à l'étude de la plasticité du système nerveux et aux greffes de neurones. En 1991, il est devenu directeur de laboratoire Inserm à Créteil (hôpital Henri-Mondor). Son équipe a réalisé alors les premières greffes de neurones foetaux en France en 1991 et la première mondiale chez des patients atteints de chorée de Huntington en 1996. Les résultats obtenus dans ce premier essai pilote ont permis de démarrer une étude européenne de phase II chez une centaine de patients, actuellement en cours dans 7 pays. Marc Peschanski a été l'un des fondateurs du centre d'investigation clinique de l'hôpital Henri-Mondor et du CIC dédié aux biothérapies qui lui est associé. Il a aussi été à l'origine du réseau européen de neurotransplantation (NECTAR) dont il a assuré la première présidence en 1991-92. (source Inserm)

Bertrand Bloch et François Tison de l'IMN