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Premier Symposium Franco Canadien "New Frontiers in Neurophotonics"

Abstract :





Canadien, Paul De Koninck est un des organisateurs de ce congrès internationnal, il répond pour l'INB à quelques questions sur ce nouveau domaine qu'est la neurophotonique. Professeur dans le departement de biochimie et de microbiologie situé au Centre de recherche de l'Université Laval Robert-Giffard. Cest dans cette université que s'est ouvert le premier centre de neurophotonique du Canada en mai 2004. Ce centre propose un programme d'études supérieures en biophotonique .


Paul De Koninck la neurophotonique, une nouvelle science ? en quelques mots pour des non spécialiste de la neurophotonique ...


Paul De Koninck

La Neurophotonique est en fait une spécialité de la biophotonique. La biophotonique se résume à l’étude et la manipulation du vivant à l’aide de la lumière. Elle est l’application de l’optique et de la photonique à la biologie, dans le cadre de la recherche fondamentale, du diagnostic et de l’intervention biomédicale. C’est un domaine transdisciplinaire qui relève de la physique (optique, photonique), de la chimie (spectroscopie, chromophores, nanomatériaux), de la biologie, de la biochimie, de la médecine (ADN, protéines, cellules, tissus, organismes), de l’ingénierie (instrumentation) et de l’éthique (en médecine, biologie, environnement et recherche).La composante biologique de la Neurophotonique concerne donc plus spécifiquement le système nerveux. La biophotonique et plus récemment la neurophotonique sont des disciplines en plein essor, grâce, entres-autres, à la disponibilité accrue de technologies adaptées (lasers, fibres optiques, microscopes, détecteurs, nouveaux nanomarqueurs) qui créent pour les sciences de la vie une multitude de nouvelles opportunités.

Paul De Koninck , d’où est né la nécessité ou le besoin de faire un tel symposium sur la neurophotonique ?


Paul De Koninck
Les défis pour les neurosciences sont très grands en raison de la complexité du système nerveux. En effet, les cellules nerveuses possèdent des morphologies uniques étant grandement ramifiées et compartimentalisés. Pour communiquer, elles utilisent des structures très spécialisées de taille minuscules (<1 micromètre) appelées synapses et des signaux électriques et chimiques ultra-rapides (< milliseconde). Donc, pour comprendre le fonctionnement des neurones et du cerveau, il est nécessaire de développer des approches ayant suffisamment de résolution spatiale et temporelle pour observer et manipuler ce qui se passe à l’échelle moléculaire dans tous ces compartiments spécialisés. Le développement de nouvelles technologies en photonique offrent des possibilités dans ce sens, mais il reste encore beaucoup de développements à faire, donc la tenue d’un tel symposium servira aux chercheurs du monde entier œuvrant dans le domaine d’échanger sur leur progrès. Ce genre de rencontre est essentiel pour accélérer les progrès dans le domaine.

Pour les neurosciences est ce que la neurophotonique vous semble une voie de recherche incontournable ?

Paul De Koninck
Pour les raisons évoquées plus haut, la neurophotonique est une voie de recherche très prometteuse. J’ajouterai aussi qu’un des avantages supplémentaires de la photonique c’est qu’elle ouvre des possibilités d’intervention moins invasives que les approches traditionnelles, ce qui est crucial pour étudier le cerveau. En effet, les neurones du système nerveux central ont des capacités de régénération minimale, donc toute intervention au « scalpel » peut avoir des impacts irréversibles sur le cerveau. Donc autant pour les neurosciences que pour la neurologie, les progrès en neurophotonique auront potentiellement des impacts importants.

Les étudiants qui voudraient se diriger vers ce domaine quels conseils et quelles compétences leur demanderiez vous ?

Paul De Koninck
Il y a un grand besoin de véritable expertise transdisciplinaire à l'interface entre les sciences biologiques et l'optique/photonique pour faire avancer le domaine. C’est d’ailleurs pourquoi l’Université Laval est la première université au Canada à offrir un programme d’études supérieures en biophotonique (www.biophotonique.ulaval.ca). A titre d’exemple, les étudiants qui sont admis dans le programme ont des formations universitaires en biologie, biochimie, microbiologie, chimie, physique ou ingénierie.
Pour se diriger dans le domaine de la neurophotonique, il faut avoir le désir d’aller chercher une formation transdisciplinaire à l’interface des neurosciences et de l’optique-photonique.

Pour quelles raisons ce premier symposium se tiendra t’il à Bordeaux ?

Paul De Koninck
La région de l’Aquitaine et la région de Québec sont des pôles mondiaux en optique/photonique avec des axes de recherche en neuroscience très forts. Elles ont donc naturellement développé des programmes de recherche et éducatifs important en neurophotonique. De plus, Québec et Bordeaux ont développé des liens importants aux niveaux économiques, culturels et aussi en recherche, tout particulièrement en neurosciences et en photonique. Ce symposium devrait se tenir dans l’une des deux villes en alternance aux deux ans.

Paul De Koninck, et directeur de recherche en biochimie et microbiologie. Il dirige un programme d'enseignement en Neurobiologie cellulaire et moléculaire et imagerie synaptique. Il utilise et développe des outils d’optique/photonique pour imager en temps réel la signalisation et le remodelage synaptique, afin de comprendre le fonctionnement du cerveau.

Octobre 2008 

Com INB Yves Deris