Aller au contenuAller au menuAller à la recherche

Jean-Pierre Mothet"Mécanismes moléculaires de la libération de d-sérine par les cellules gliales"

Abstract :


O
n a longtemps considéré que la dynamique du système nerveux ne dépendait que la seule activité des neurones. Toutefois, de nombreux travaux publiés au cours des quinze dernières années, ont ébranlé petit à petit le modèle "neuronal" du cerveau en montrant qu'un autre type de cellules nerveuses, les cellules gliales, type cellulaire le plus important en nombre et jusque là longtemps confiné au seul rôle de matrice de soutien des neurones, participaient de façon active à la dynamique des assemblées de neurones en libérant différentes molécules informatrices.

Notre équipe s'intéresse au rôle que tient la d-sérine, un acide aminé atypique, car dextrogyre dans ce dialogue entre les cellules gliales et neuronales dans la modulation de l'activité des synapses glutamatergiques. La d-sérine est synthétisée dans les astrocytes par la sérine racémase et est libérée de ces cellules sous l'effet de l'activation des récepteurs au glutamate. Une fois libérée dans l'espace synaptique, la d-sérine agit en concert avec le glutamate pour activer les récepteurs NMDA. Dans ce schéma, la d-sérine joue le rôle de co-agoniste des récepteurs au glutamate de type NMDA, fonction déjà connue pour la glycine. Outre le fait, que de nombreuses d'études tendent désormais à affronter l'hypothèse "d-sérine" à l'hypothèse" glycine", dans l'activation des récepteurs NMDA, un certain nombre de questions demeurent à ce jour sans réponse. Entre autres, on ne connaît toujours pas les mécanismes moléculaires impliqués dans la libération de la d-sérine et les conditions physiologiques qui conditionnent sa mobilisation.

Durant mon séminaire, je présenterai les résultats que nous avons obtenu sur les voies moléculaires régulant le stockage et la libération de d-sérine, en les replaçant dans le contexte des découvertes faites sur l'exocytose de glutamate et d'ATP par les astrocytes. Notre enjeu est de comprendre comment la d-sérine, le glutamate et l'ATP peuvent interagir pour réguler à la fois leur synthèse et leur libération. La connaissance de ces interactions permettra de mieux comprendre les mécanismes de signalisation au niveau des synapses glutamatergiques et d'appréhender les mécanismes de neurotoxicité qui peuvent en résulter lors de dysfonctionnements. 

Stéphane. Oliet