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Françoise Schenk"Modularité fonctionnelle de la mémoire spatiale: une approche longitudinale et transversale"

Abstract :


La mémoire des lieux
est une compétence essentielle pour la survie, dès la sortie du nid et jusqu’à un âge avancé. Une analyse détaillée de cette performance chez le rat de laboratoire fait apparaître une évolution complexe depuis le sevrage, comme si la maturation de l’architecture cognitive se poursuivait tout au cours de la vie. Les informations sensorielles utilisées passent d’une dominante olfactive dans les premières semaines de vie à une dominante visuelle chez l’adulte âgé de plus de 6 mois, ce qui s’accompagne d’un changement qualitatif dans le traitement de ces informations. Un premier processus assemble des informations distribuées dans l’environnement en une sorte de trame fondamentale résultant de déplacements organisés selon des attracteurs divers, souvent des gradients. Il paraît être le premier à se mettre en place au cours du développement. Le second type de processus repose sur l’usage prédominant d’informations visuelles discrètes et permet de s’orienter selon une configuration d’indices très précis. L’intégration du produit de ces deux mécanismes offre les propriétés attendues d’une représentation spatiale dite cognitive. Dans la seconde année de vie, on observe d’abord un fléchissement des capacités de retenir un épisode unique, puis une difficulté croissante dans la rétention à long terme de connaissances spatiales pourtant bien consolidées. L’organisation des conduites spontanées des rats âgés bien orientés révèle une adaptation de leur performance cognitive. 

Aline Marighetto