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Mandature 2011- 2014

Le 3 janvier 2011

Directeur de la SFR Jean Marc Orgogozo
Directeurs délégués
Pier Vincenzo Piazza
Directeur délégué aux relations de Neurocampus avec le reste de la communauté et ses relations extérieures.
Christophe Mulle
Directeur exécutif délégué à l'animation, à la communication, à la formation, aux relations internationales
Daniel Choquet
Directeur du LabEx BRAIN

 

 Les Axes Stratégiques de la Fédération Neurosciences 2007-2010

Voir les axes  mis à jour sur la base de données de la FBN

L'INB est un Institut thématique dont l’activité couvre de nombreux champs de la recherche en Neurosciences expérimentales et cliniques, et n’est pas limitée dans les niveaux d’analyse (in vitro, ex vivo, in vivo), la palette des modèles animaux (invertébrés, rongeurs, primates) et la diversité des approches technologiques. En s'appuyant sur les champs thématiques forts et en s'attachant à les enrichir, l'INB a retenu, pour le futur contrat quadriennal, les axes stratégiques ci dessous. Ces axes stratégiques ont pour objectif de favoriser les interactions scientifiques et technologiques entre équipes, par l’organisation de journées scientifiques et de réunions informelles.
Ces grandes thématiques expriment la volonté de l’INB de maintenir et de renforcer, aux côtés d’une recherche fondamentale très active, la démarche qui lie le normal et le pathologique. Le savoir-faire de plusieurs équipes, associant chercheurs et cliniciens, dans le domaine des grandes maladies neurodégénératives et démyelinisantes se voit prolonger par un effort scientifique particulier sur les bases neurobiologiques et cognitives de maladies mentales.
1- Synapse
Responsables :Nathalie Sans (INSERM U378), M. Garret (UMR CNRS 5543)
2- Motricité normale et pathologique
Responsables : H. Benazzouz,UMR CNRS 5543, D. Cattaert UMR CNRS 5816
3- Fonctions cognitives normales et pathologiques
Responsables : G. Di Scala, URM CNRS, C. Fabrigoule, UMR CNRS
4- Vulnérabilité et Addictions
Responsables : Véronique Deroche-Gamonet, M. Cador, UMR CNRS
5- Neuroinflammation
Responsables : Agnès Nadjar, Klaus Petry, Université Bordeaux
6- Douleur : « Hypersensibilité à la douleur : de la douleur aiguë à la douleur chronique. Nouvelles approches thérapeutiques »
Responsables : G. Simonnet (UMR CNRS), Marc Landry (INSERM CRI)
7- Neurobiologie du développement
Responsables : M. Montcouquiol (INSERM Equipe AVENIR), Laurent Groc
8-Neuropsychopharmacologie et thérapeutique des déficits
Erwan Bezard - Pierre Philip



1- Synapse

Ce projet repose sur treize équipes de l'IFR travaillant dans le domaine de la synapse et utilisant des approches variées, alliant protéomique, biologie cellulaire, génétique moléculaire, biochimie, imagerie cellulaire et électrophysiologie. Les chercheurs et les équipes qui participent à ce projet sont associés au CNRS, à l’INSERM, à l’INRA, aux Universités Bordeaux1 et Bordeaux2. Chaque année, une journée est organisée autour de cet axe « Synapse » au cours de laquelle les chercheurs de l’IFR ainsi que des conférenciers invités de renommé internationale présentent leurs travaux. Les participants à ce projet organisent une école d’été européenne sur la synapse (PENS training centre) dont la 1ère session aura lieu en Septembre 2006. Cette école sera l’occasion d’accueillir des chercheurs qui sont des leaders mondiaux dans leurs spécialités ; elle permettra de continuer à mieux faire connaître les activités de l’IFR dans le domaine de la synapse et à le maintenir dans le contexte international. La thématique de cette école évoluera au cours des trois prochaines années pour aborder non seulement les mécanismes fondamentaux de la fonction synaptique, mais également le développement et la maturation des synapses, les interactions avec leur environnement cellulaire, ainsi que leur rôle dans des systèmes intégrés plus complexes allant des réseaux neuronaux jusqu’à leur implication au niveau comportemental.
Les synapses sont des spécialisations anatomiques dont les différents éléments protéiques sont fortement imbriqués et en interaction dynamique constante. C’est le cas des récepteurs aux neurotransmetteurs qui sont particulièrement étudiés au niveau de leur composition (équipes
M. Garret, F. Nagy, C. Mulle), leur mobilité (équipes D. Choquet, N. Sans), leur adressage à la membrane (équipe A. Hémar, C. Mulle, M. Garret), et leurs interactions avec d’autres protéines (équipes C. Mulle, A. Hémar, M. Garret, F. Nagy). L’intégration de l’information synaptique, les conséquences sur l’excitabilité neuronale, la plasticité fonctionnelle et anatomique des synapses sont des sujets également abordés dans différentes structures du système nerveux central (équipes T. Amédée, D. Dulon, F. Nagy, P. Meyrand, P. Gonon, O. Manzoni, S. Oliet). Il en est de même pour l’influence de l’environnement extracellulaire sur la fonction synaptique, que ce soit au niveau de la matrice extracellulaire et des protéines d’adhérence (équipe O. Manzoni) ou des cellules gliales (équipe S. Oliet).
Une partie importante de l'activité future de certaines des équipes impliquées dans cet axe de recherche mettra à profit la nouvelle plate-forme de génomique fonctionnelle de l'Université de Bordeaux2ainsi que la plate-forme biochimie de l’IFR, pour identifier et caractériser les partenaires protéiques de cet assemblage macromoléculaire des synapses du système nerveux central. Les techniques de la protéomique seront utilisées dans le cadre d'une analyse différentielle qualitative et quantitative des protéines synaptiques présentes dans différentes situations physiologiques ou physiopathologiques. L'analyse fonctionnelle de la transmission synaptique dans des conditions normales et pathologiques bénéficie de la grande expertise de nombreux chercheurs dans le domaine de l'électrophysiologie cellulaire, in vitro, en tranches et in vivo. Les techniques d'imagerie dynamique disponibles à la plate-forme d'imagerie cellulaire et moléculaire permettent une analyse en temps réel du fonctionnement synaptique et des remodelages intervenant au cours du développement, de la maturation et de la plasticité synaptique. L'étude du trafic intracellulaire et la dynamique membranaire des protéines synaptiques bénéficie de la plate-forme d'imagerie et des compétences particulières du site dans des techniques d'imagerie de pointe et dans les techniques d'immunolocalisation de récepteurs en microscopie électronique. Enfin, la présence d’animaleries protégées à l'Institut François Magendie et à l'Université Bordeaux 2 permet la production d’animaux transgéniques nécessaire à l’analyse de la fonction synaptique dans le contexte de l’animal entier. C’est le cas par exemple pour les récepteurs du glutamate (équipe C. Mulle), des cannabinoïdes (équipe G. Marsicano) et de la dopamine (équipe M. Garret).
Les chercheurs de l'axe synapse renforceront les collaborations avec différentes équipes de l'IFR pour l'étude de pathologies neurologiques et psychiatriques liées à un dysfonctionnement synaptique. C’est le cas pour les dyskinésies, l'addiction, la douleur ou l'épileptogénèse.

2- Motricité normale et pathologique

Cet axe stratégique regroupe plusieurs équipes développant des approches multidisciplinaires utilisant des techniques complémentaires. Elles visent à étudier les bases neurobiologiques du mouvement volontaire et de la locomotion en situation normale et pathologique. Elles s'appuient tant sur des préparations simplifiées (tranches) que sur différents modèles d'animaux (aplysie, crustacés, rongeurs, primates) et sur l'homme.
2-1 Régulation du mouvement volontaire en situation normale et pathologique
L'équipe "Dynamiques normales et pathologiques de la motricité" (Ch. Gross) poursuivra et renforcera sa démarche consistant à analyser en temps réel, par la technique d'enregistrement multicanaux-multisites (EMCMS) l'activité des assemblées neuronales dans les réseaux des noyaux gris centraux (NGC) (T. Boraud). Cette approche basée sur les phénomènes de synchronisation et désynchronisation qui surviennent lors de l'exécution de tâche précise sera conduite chez le primate normal et rendu parkinsonien par le MPTP. Elle fera aussi appel aux rongeurs. Enfin cette équipe approfondira les bases des effets de la stimulation à haute fréquence (SHF) du noyau sous-thalamique et d'autres structures. Cette étude procédera d'un "va et vient" du primate ou préparations simplifiées (tranches).
L'équipe "Physiopathologie des syndromes parkinsoniens" (E. Bezard/B. Bloch) issue pour partie de la précédente et alliée à B. Bloch approchera les mécanismes parkinsoniens par l'anatomie fonctionnelle, la biochimie et la biologie moléculaire. Elle s'attachera à décrypter les bases qui sous-tendent akinésie, prokinésie, et hyperkinésie et particulièrement les dyskinésies
L-Dopa induites (50 % des parkinsoniens après 5 ans de thérapie. Une attention majeure sera portée au phénomène de "priming" ou empreinte. Cette approche concernera aussi des syndromes parkinsoniens atypiques (20 %) telle la dégénérescence striatonigrique (F. Tison). Se situant dans une problématique voisine mais centrée sur les dystonies, l'équipe de P. Burbaud analysera les dysfonctionnements survenant dans les voies thalamo-corticales sur modèle de dystonie focale chez le singe.
2-2 Locomotion et réseaux moteurs
L'équipe "Neurophysiologie Adaptative des Systèmes Moteurs" (J. Simmers) par une approche combinée (comportementale, neurobiologie cellulaire/intégrative et imagerie fonctionnelle) sur trois modèles expérimentaux, les mécanismes neuronaux élémentaires sous-tendant la plasticité fonctionnelle, à court et à long terme, des actes moteurs induits soit par des informations sensorielles, soit par un apprentissage (ingestion : aplysie), soit lors d'une récupération post-lésionnelle (déafférentation : rongeur) et enfin au cours du développement (métamorphose : amphibien).
Le projet de l'équipe "Récupération de la fonction locomotrice après lésion médullaire"
(J-M. Cabelguen) concerne l’étude des modifications fonctionnelles induites par lésion médullaire dans les réseaux locomoteurs de la moelle épinière chez l’urodèle (propriétés bioélectriques des motoneurones et leur modulation, ré-innervation fonctionnelle des réseaux locomoteurs sous lésionnels, recherche de facteurs trophiques contrôlant la repousse post-lésionnelle des axones, couplage commande nerveuse- mouvement).
L’équipe "Comportement et Réseaux de neurones" (D. Cattaert) abordera par des approches combinées (comportementale, neurobiologique cellulaire et intégrative, simulation) l’organisation et la plasticité des réseaux contrôlant la posture et la locomotion chez l’écrevisse. L’accent sera mis sur la relation : statut social, propriété des réseaux et plasticité post-lésionnelle.
Toujours dans ce champ d’études, l’équipe "Réseaux locomoteurs des vertébrés"
(P. Meyrand/P. Branchereau) analyse la modulation des systèmes inhibiteurs (GABA/Glycine) au cours de l’ontogenèse et dans la plasticité fonctionnelle du réseau locomoteur spinal. Une étude particulière sera conduite sur le rôle des voies descendantes neuromodulatrices sérotoninergiques (5HT) dans la dédifférenciation de l’inhibition synaptique après lésion médullaire.
Enfin, l’équipe «Régulation, adaptation et physiopathologie des activités motrices »
(J.R. Cazalets/P.A. Joseph) étudiera les processus centraux impliqués dans la locomotion en utilisant une préparation originale de moelle épinière isolée de rat nouveau-né. Cette situation autorise l’enregistrement d’une activité locomotrice dite fictive au niveau des racines ventrales de la moelle.
La présence, au sein de cette équipe, de cliniciens (neurologues, rééducateurs) et la mise en place d’une plate-forme d’analyse tridimensionnelle du mouvement ont facilité le développement d’études chez l'homme concernant les fonctions sensori-motrices et leur restauration dans les handicaps par lésion du système nerveux. Les thèmes abordés concernent : (1) le fonctionnement de l’axe rachidien au cours de la locomotion dans le cadre de la "relance" de l'opérativité des réseaux sous-lésionnels (coll. J.M. Cabelguen). (2) les troubles du tonus, de la posture et de la marche au cours du vieillissement (chutes). (3) les déficiences végétatives, et en particulier génito-sphinctériennes dans les atteintes spinales.

3- Fonctions cognitives normales et pathologiques

Le thème « Fonctions Cognitives Normales et Pathologiques » recouvre chez l'animal et chez le sujet humain un ensemble important de recherches. Les fonctions particulièrement étudiées sont la mémoire dans ses composantes déclaratives et procédurales, le contrôle attentionnel et exécutif, comprenant l’étude des mécanismes nécessaires au contrôle tels qu’inhibition et planification, ainsi que des mécanismes de prise en compte des conséquences de l'action. La modulation du fonctionnement cognitif par la motivation et l’émotion est également étudiée.
3-1 Approches expérimentales chez l'animal
- Chez le rongeur (rat, souris). Ces fonctions sont inférées de l’analyse comportementale et la recherche vise à en identifier les bases neurales. Ces études mettent en œuvre une variété de techniques interventionnistes et corrélatives (ex : lésions neurochimiquement sélectives, électrophysiologie, imagerie ex vivo…) ; elles bénéficient également de l’apport essentiel des neurosciences cellulaires et moléculaires relevant d’autres axes thématiques (ex : synapse, neuroinflammation). L’ensemble des niveaux d’analyse est ainsi couvert par les équipes de l’INB : l’identification des déterminants génétiques et des mécanismes moléculaires, l’étude de la dynamique des processus cellulaires et de la neurochimie, et la description des architectures fonctionnelles des réseaux neuronaux et des circuits cérébraux. Une telle dynamique d'investigations anime les projets des équipes de l'UMR CNRS 5106 (G. di Scala, ancienne UMR dirigée par R. Jaffard) sur les différents types d'apprentissage et de mémoire étudiés lors de l'ontogenèse et du vieillissement. Ainsi sont développés des modèles animaux de pathologies psychiatriques humaines pour en comprendre l'étiologie. Il s'agira de reconstruire la chaîne d’événements reliant une vulnérabilité initiale d’origine génétique, en interaction avec des facteurs environnementaux intervenant précocement ou tardivement durant la vie de l’individu, et leur expression neurobiologique et comportementale.
- Chez le primate non humain. Le savoir-faire bordelais en primatologie expérimentale (UMR CNRS 5543, B. Bioulac) facilite la mise en œuvre de projets d'électrophysiologie chronique, avec enregistrement multicanaux-multisites (EMCMS) de secteurs impliqués dans la planification de l'action (aire motrice supplémentaire, cortex cingulaire antérieur (CCA). Ainsi l'équipe "Stratégie et Planification de l'action" (P. Burbaud) poursuivra l'analyse du fonctionnement neuronal du CCA dans la détection des erreurs et la gestion des conflits. Ce décryptage s'inscrira dans l'étude de la dynamique des boucles cortico-sous-cortico-corticales limbique, associative, motrice et de leur rôle dans l'émergence de pathologies comme le trouble obsessionnel compulsif (TOC) (B. Aouizerate). Dans une logique voisine, Th. Boraud (équipe Ch. Gross) recherchera la fusion d'informations cognitives et motivationnelles dans le codage neuronal émis au sein de telles boucles (striatum) et, ce, en situation normale et parkinsonienne;
Ces approches expérimentales garderont en perspective l'identification de pistes thérapeutiques [pharmacologie, nutrition, vicariance ou suppléance par stimulation cérébrale profonde (nanotechnologies), robotique…] pour contrecarrer tant les pathologies dégénératives (démence de type Alzheimer, syndrome de Korsakoff, maladie de Parkinson) que psychiatriques (TOC, schizophrénie, dépression,…).
3-2 Approches chez l'homme
Grâce à un effort de structuration l’INB a fortement contribué à l’émergence d’une équipe de « Neurosciences cognitives humaines et Neuroimagerie ». Celle-ci regroupe des forces en provenance de l’ERT « Imagerie moléculaire et fonctionnelle » (M. Allard), de l’équipe « Vieillissement cognitif » de l’INSERM U 330 (C. Fabrigoule) et de l’équipe de « Psychiatrie infantile universitaire CHS-CHU »(M. Bouvard). Cet ensemble allié avec l’équipe de physiciens et d’ITA de l’ERT (déjà adossée à l’UMR CNRS 5543) est à la base d’une création d’UMR CNRS « Bioimagerie – Neuroimagerie » (directeur C. Moonen) pour le prochain plan quadriennal.
Le projet de cette équipe animée par M. Allard sera centré sur la compréhension des bases neuronales des processus attentionnels et ceux de la planification de l’action et sur leur dysfonctionnement dans des pathologies neurologiques et psychiatriques. Pour cela, il combinera deux approches : l’une de neuropsychologie cognitive et l’autre de neuroimagerie dont les deux modalités seront l’IRM 1,5 et 3 T [morphologique et fonctionnelle (IRMf)] et la tomographie par émission de positons (TEP). Trois types de populations seront étudiées correspondant à trois modèles de fonctionnement ou dysfonctionnement cérébral :
(1) Le cerveau normal avec l’étude de sujets jeunes. Cette approche permettra de mieux comprendre les bases cérébrales des processus attentionnels et exécutifs et de définir des paradigmes adaptés aux questions posées par les pathologies.
(2) Le cerveau lésé, avec les pathologies démentielles d’origine neurodégénérative ou vasculaire liées au vieillissement comme la Maladie d’Alzheimer (MA), les Démences fronto-temporales (DFT) et les Démences à corps de Lewy (DCL).
(3) Le cerveau présentant des dysfonctionnements d’origine développementale, avec les pathologies psychiatriques comme les Troubles de l’Hyper-Activité avec Déficits de l’Attention (THADA) et les Troubles Autistiques (TA). Cette approche aura aussi recours à la technologie s’appuyant sur la « réalité virtuelle » tant pour l’analyse que pour la remédiation des troubles.
Une autre équipe "Régulation, adaptation et physiopathologie des activités motrices"

4- Vulnérabilité et Toxicomanie

Les projets développés au cours des 4 prochaines années sont en continuité avec ceux présentés dans la section bilan avec néanmoins une affirmation de l’interdisciplinarité des approches allant de la conception la plus intégrée de la toxicomanie (modélisation comportementales) à ses aspects les plus élémentaires (gènes, récepteurs,..). Trois formations sont pour l’instant rattachées à cet axe, l’unité INSERM U588 et l’équipe AVENIR INSERM situées toutes les deux dans l’institut François Magendie et le laboratoire « Neuropsychobiologie des désadaptations qui est une équipe constituante du projet d’UMR CNRS « Mouvements, Adaptation, Cognition » déposée auprès du CNRS pour une création au 1er Janvier 2007. Une nouvelle équipe Avenir (Responsable G. Marsicano) dont l’objet d’étude est la neurotransmission cannabinoïde viendra rejoindre l’institut F. Magendie dans un avenir proche.
Le projet de l’équipe «Physiopathologie de la toxicomanie» (responsable PV Piazza) de l’INSERM U588 (Directeur PV Piazza) s’organise autour de trois axes de recherche : 1. Identifier les substrats biologiques de l’addiction. 2. Découvrir les gènes responsables de la sensibilité au stress. 3. Identifier les cibles cellulaires et génétiques des effets des stéroïdes sur la vulnérabilité aux drogues. Dans les deux premiers axes, une approche multidisciplinaire allant de l’analyse de systèmes cibles aux techniques de gene profiling sera utilisée. Au moyen d’approches pharmacologiques classiques, les relations causales entre les facteurs identifiés et la vulnérabilité aux drogues ou au stress seront recherchées. Dans le troisième axe, des modèles génétiques permettant d’inactiver ou de surexprimer le GR dans des types cellulaires cérébraux spécifiques seront utilisés et les études seront élargies aux neurostéroïdes qui sont sécrétés pendant le stress et dont les effets sur la vulnérabilité aux drogues sont aujourd’hui peu connus.
Le projet de l’équipe INSERM Avenir «Plasticité synaptique : maturation & addiction» (resp onsable O. Manzoni) a pour but de comprendre : (1) les mécanismes cellulaires responsables des effets des eCBs, de la Reelin et des MAC sur la plasticité synaptique (2) le rôle des eCB, de la Reelin et des MAC dans l’apparition de pathologie cérébrales chez l’adulte, en particulier la schizophrénie et l’addiction. Pour atteindre ce but une stratégie verticale a été développée intégrant des approches de neuroscience moléculaire (électrophysiologie, dynamique en temps réel des récepteurs membranaires, imagerie du Ca2+) et de neurosciences intégratives (électrophysiologie ex vivo, lésion et modèles génétiques de maladies psychiatriques, “antisens in vivo protéine knock-down”).Le projet du laboratoire «Neuropsychobiologie des désadaptations» (responsable M. Cador) (UMR CNRS 5541 jusqu’au 31 décembre 2006) et qui sera rejoint par
C. Le Moine au 1er Janvier 2007 a pour but: (1) D’ identifier les facteurs cognitifs (variance des fonctions executives), affectifs (encodage des mémoires de la drogue ou de son sevrage) et motivationnels (effets incitateurs, automatismes) responsables i) de la vulnérabilité à devenir toxicomane, ii) de la perte de contrôle sur la consommation au détriment de renforçateurs naturels et iii) de la vulnérabilité persistante à rechuter?. (2) D’identifier les substrats neurobiologiques impliqués en recherchant les gènes impliqués ainsi que les structures cérébrales et neurotransmetteurs recrutés . Les approches utilisées allieront des études comportementales avec des stratégies de gene profiling, de neuropharmacologie périphérique et centrale, de neuroanatomie fonctionnelle, d’électrophysiologie.
(P.A.Joseph/J.R. Cazalets) formée de rééducateurs et de neurophysiologistes abordera, par ces mêmes approches, les troubles cognitifs (langage, praxie et gnosie) chez les patients cérébro-lésés.
Plus en perspective, un système d’adaptation (type Orban) pour le primate non humain sera installé sur l'IMR 3T. Il s’agira de mettre en corrélation les données électrophysiologiques recueillis par EMCMS dans l'espace neural des boucles cortico-sous-cortico-corticales au cours de tâches cognitives avec celles collectées par IRMf sur les zones d'activation cérébrale au cours de tâches identiques (équipes P. Burbaud, T. Boraud et A. Benazzouz).
Enfin, le groupe "Etude neuropsychopharmacologique du sommeil et de la somnolence" (GENPPHASS) animé par P. Philip étudie les effets de la privation aigue ou chronique de sommeil ou de substances neurotropes sur la vigilance et certains processus cognitivo-comportementaux (perception, attention, planification de l'action) lors de la conduite automobile. Cette approche fait appel à des situations de conduite simulée ou réelle et à une plate-forme spécifique (page 12-e)

5- Neuroinflammation

Comprendre comment les molécules de l’immunité produites par les macrophages périvasculaires et la microglie, contrôlent ou altèrent le fonctionnement du cerveau est une des questions centrales de la recherche fondamentale et clinique. En effet, ces molécules sont impliquées dans des troubles physiopathologiques (obésité, anorexie-cachexie, dépression…) et des pathologies invalidantes (sclérose en plaque, SEP et maladies démyélinisantes…). Nous en recherchons les mécanismes d’action afin de palier leurs effets délétères. Ce projet implique les laboratoires1 de Neurobiologie Intégrative (F. Moos, UMR INRA 1244, FRE CNRS 2723) et de Neurogénétique et Stress (P. Mormède, UMR INRA 1243) ; ainsi que le laboratoire2 de Neurobiologie des Affections de la Myéline (K. Petry, EA 2966), le Département de Neurologie (B. Brochet) et le Service de Neuroradiologie (V. Dousset). Quatre objectifs dont un thérapeutique ont été définis :
Identification et caractérisation des acteurs cellulaires de la neuroinflammation. Il s’agit de déterminer (i) les catégories cellulaires mobilisées dans la réponse inflammatoire (macrophages périvasculaires, microglie)1,2 , (ii) si l’activation des macrophages périvasculaires cérébraux, source de cytokines inflammatoires, résulte de la rupture de la barrière hématoencéphalique1,2 et (iii) si les profils d'activation des macrophages périphériques sont corrélés à la gravité de l'état clinique et des lésions (SEP)2.
Etude des mécanismes d’action et des cibles moléculaires des molécules inflammatoires dans le SNC. Dans le cas d’une neuroinflammation chronique (obésité, vieillissement…)1, il s'agit de déterminer les mécanismes par lesquels les cytokines altèrent le fonctionnement neuronal, en ciblant particulièrement des enzymes affectant la neurotransmission et des récepteurs cibles (les TRPV) contrôlant l’excitabilité neuronale. Dans le cas de l’EAE2 (modèle murin de la SEP), il s’agit (i) d’identifier les ligands peptidiques (phage display), (ii) de visualiser par IRM les sites inflammatoires précoces (ligands peptidiques marqués par des «Ultrasmall Particles of Iron Oxide») et (iii) de déterminer les cibles moléculaires de ces ligands.
Physiopathologie des troubles cognitifs et de l’humeur. Il s’agit (i) d’étudier les relations entre statut nutritionnel/cytokines/troubles de l’humeur et de la cognition par des études cliniques menées sur personnes âgées (coll. P Barberger-Gateau, U 593, Enquête des Trois Cités) ou obèses1 et (ii) de déterminer la dynamique des lésions focales2 (IRM sur cohorte AQUISEP, coll. JM. Franconi, RMSB, UMR 5536).
Approches préventives et thérapeutiques. Concernant la prévention des effets délétères (dépression, anxiété, cachexie…) d’une neuroinflammation chronique, les effets de nutriments ayant des propriétés anti-inflammatoires (AGPI, anti-oxydants) seront testés sur les interactions cytokines/corticoïdes1. Dans le cas de la SEP, il s’agit de moduler la réponse immunitaire spécifiquement au niveau des altérations cérébrales (délivrance ciblée de molécules inclues dans des liposomes thermosensibles)2.

6- Douleur : « Hypersensibilité à la douleur : de la douleur aiguë à la douleur chronique. Nouvelles approches thérapeutiques »

Equipes INB : EA 3666 «Homéostasie-Allostasie-Pathologie-Réhabilitation » Intégration dans la future UMR CNRS/Univ Bordeaux 2 « Mouvement-Adaptation-Cognition » (Futur dir: J.R. Cazalet), Responsable
Pr. Guy Simonnet - INSERM E358/Univ. Bordeaux 2 Physiopathologie des réseaux neuronaux
(Dir. F. Nagy) Resp. Dr F. Nagy et Pr. M. Landry - Laboratoire de Psychoneuroimmunologie (future UMR CNRS/INRA/Univ Bordeaux2), Dir F. Moos, Resp. Dr. JP Konsman - Service de Neurologie - Unité Traitement des douleurs chroniques, CHR Bordeaux-Pellegrin, (Chef de service:
Pr. B. Brochet), Resp. Dr. V. Dousset - Fédération des Neurosciences Cliniques, CHR Bordeaux-Pellegrin, Resp. Pr. Michel Barat.
Equipes associées : INSERM U 657 « Pharmacoépidémiologie et impact des médicaments en Santé publique » (Dir. Pr. B. Bégaud), Resp. Pr. N. Moore - Département d’Anesthésie et Réanimation 3, CHR Bordeaux-Pellegrin, Resp. Pr. P. Maurette (Chef de service) - Département d’Anesthésie et Réanimation 2, (Chef de service: Pr.G. Janvier) CHR Bordeaux-Pellegrin), Resp. Dr. P. Richebé - Département de Chirurgie pédiatrique (Dir. Pr. P. Vergnes) Resp. Dr. E. Dobremez.

Comprendre et traiter le passage de la douleur aiguë à la douleur chronique représentent de véritables défis scientifiques, médicaux et économiques (500 millions d’euros par an et par million d’individus en Europe). Un concept récent amène aujourd’hui à considérer que la chronicisation de la douleur ne relèverait pas seulement de la persistance d’influx nociceptifs, mais serait sous-tendue en partie par le développement de processus de sensibilisation à la douleur. Dans cette perspective, de nouvelles stratégies sont à inventer.
Cet axe de recherche s’est beaucoup développé ces dernières années à Bordeaux et implique plusieurs équipes tant expérimentales que cliniques (volontaires sains et patients douloureux). Chez l’animal, les approches sont multidisciplinaires, allant de l’approche comportementale sur des modèles les plus proches possibles de la clinique (douleurs post-opératoires, inflammatoires, neuropathiques) aux approches électrophysiologiques (animal entier, tranches de tissu), cellulaires et moléculaires in vitro. L’étude et l’évaluation des processus neurobiologiques d’hypersensibilité à la douleur (hyperalgésie, allodynie, douleurs spontanées « anormales » de longues durées) associées: - à des lésions chirurgicales et à leur renforcement à long terme par la prise d’opioïdes, - au syndrome de sevrage aux antalgiques, - aux neuropathies, sont abordées par plusieurs équipes au plan expérimental et ont donné naissance à différents PHRC nationaux, interrégionaux ou locaux. De larges études pharmacoépidémiologiques sur l’impact des antalgiques en Santé publique ont été réalisées. Ces développements s’effectuent souvent avec des partenaires industriels (contrats de recherche, convention Cifre, Etude Cadeus) et permettent de valoriser des brevets. En 2005, Bordeaux a organisé le 2° symposium national du Réseau d’étude fondamentale de la douleur.
Les principaux thèmes en émergence seront : (1). Développement de nouveaux outils comportementaux permettant une meilleure évaluation de la douleur, de ses conséquences et du niveau de réhabilitation (par exemple analyse du mouvement et de la posture via la Plateforme d’analyse du mouvement de l’INB), (2). Développement de nouveaux modèles « pré-cliniques » : au-delà des modèles classiques, les équipes s’associeront pour développer et étudier des modèles de douleurs de type cancéreux et de douleurs neuropathiques induites par les anti-tumoraux (Santé publique), (3). Développement de nouvelles stratégies pharmacologiques anti-hyperalgésiques, impact de la nutrition en termes préventif et curatif (« Régimes alimentaires appauvris en polyamines », Brevet co-propriété Université Bordeaux 2-Université Rennes 1), (4). Développement d’une plate-forme Volontaire sain localisée sur le CHU, (5). Développement de nouvelles approches sur la sensibilisation centrale à la douleur (imagerie cellulaire, génomique fonctionnelle, études électrophysiologiques in vivo et in vitro, (6). Etude des risques liés aux abus médicamenteux.
L’objectif est de mieux développer les interactions entre les équipes et en particulier favoriser le passage du fondamental vers la clinique (valorisation).

7- Neurobiologie du développement

Ces dernières années ont vu émerger au sein de l'INB de nombreux thèmes de recherche portant sur le développement du système nerveux, domaine récemment renforcé par l'arrivée de deux équipes Avenir (M. Montcouquiol, N. Sans) et d'une équipe ATIP (X. Leinekugel). Nous proposons la création d’un axe émergent "Neurobiologie du Développement" regroupant les équipes analysant les mécanismes impliqués au cours du développement embryonnaire et du développement postnatal, du niveau moléculaire jusqu’au niveau le plus intégré. Cet axe qui devrait favoriser les interactions et permettre d'élaborer des projets communs, regroupera 8 équipes
(D. Choquet/O. Thoumine, J. Simmers, P. Meyrand/P. Branchereau, N. Abrous, C. Mulle,
M. Montcouquiol, N. Sans, X. Leinekugel).

Le développement morphologique et fonctionnel des terminaisons axonales et des contacts synaptiques seront étudiés in vitro et sur des systèmes de tranches en culture en couplant immunocytochimie, imagerie biphotonique et électrophysiologie (S. Oliet/D. Theodosis, Ch. Mulle). Deux équipes s’intéressent au rôle des protéines d’adhésion au cours du développement du système nerveux, lors de la migration du cône de croissance, dans l’organisation du cytosquelette, et dans l’organisation des récepteurs du glutamate lors de la synaptogenèse (équipes D. Choquet /O. Thoumine, N. Sans).
Ces phénomènes développementaux (guidage axonal, migration neuronale, mouvements cellulaires, …) semblent être également influencés par protéines impliquées dans la polarité planaire. Plusieurs équipes de l'INB étudieront l'impact de ces protéines sur le guidage axonal, la mise en place des contacts synaptiques ou la neurogénèse chez l'adulte. Cet axe de recherche, nouveau à l'INB, sera renforcé par les collaborations entre des équipes travaillant sur des aspects moléculaires et des aspects plus intégrés (M. Montcouquiol, N. Sans, N. Abrous, P. Meyrand).
Plusieurs équipes étudient les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans la mise en place, la réorganisation dynamique et la ségrégation des réseaux locomoteurs
spinaux embryonnaires (modèles rongeurs et amphibiens-en particulier au cours de la métamorphose), et des microcircuits corticaux (équipes P. Meyrand/P. Branchereau, X. Leinekugel, J. Simmers/D. Le Ray). En particulier, des approches neuroanatomiques, électrophysiologiques et d'imagerie fonctionnelle sont utilisées pour étudier le rôle des activités électriques spontanées et des informations modulatrices, notamment dans le développement des systèmes inhibiteurs, ainsi les corrélats neuronaux de la plasticité développementale des réseaux moteurs spinaux et supraspinaux dans un contexte comportemental.