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Thèse Damien Bonhomme

Effet du statut en vitamine A sur la voie d’action des glucocorticoïdes et impact sur les processus mnésiques chez le rongeur

Le 19 décembre 2013

Heure 14h30 ; ENSTBB (Ecole des Biomolécules , campus Carreire, Bordeaux2 )
Damien Bonhomme, laboratoire NutriNeuro, direction: Sophie Layé


Il est maintenant bien établi que la vitamine A et son métabolite actif l’acide rétinoïque (AR), joueraient un rôle important dans les fonctions cognitives du cerveau adulte.
La diminution de l’activité de la voie de signalisation des rétinoïdes et l’augmentation de celle des glucocorticoïdes (GC), se manifestent de manière concomitante au cours du vieillissement et participeraient aux altérations de plasticité et à l’étiologie du déclin cognitif lié à l’âge. De plus, certaines données ont mis en évidence des effets antagonistes de la voie des rétinoïdes sur celle des glucocorticoïdes.

L'objectif de ce travail visait donc à mieux comprendre les interactions entre ces deux voies de signalisation et leur impact sur les processus de plasticité cérébrale et les fonctions mnésiques chez le rongeur. L'approche expérimentale a consisté à étudier les effets d'une supplémentation nutritionnelle en vitamine A ou d'un traitement par l’AR sur le niveau corticostérone plasmatique et hippocampique, sur les mécanismes impliqués dans la biodisponibilité de la corticostérone, sur les processus de plasticité cérébrale (neurogenèse et plasticité synaptique) et sur la mémoire hippocampo-dépendante dans un modèle nutritionnel de carence en vitamine A mais également au cours du vieillissement. Nous avons montré qu’une carence en vitamine A entraînait une hyperactivation de la voie des glucocorticoïdes se traduisant par une hypersécrétion de corticostérone au niveau périphérique et hippocampique qui pourrait être liée à une diminution de capacité de liaison de la CBG mais également à une hyperactivation de la 11β-HSD1 au niveau hippocampique.

D’autre part, une supplémentation nutritionnelle en vitamine A chez les rats carencés normalise les effets délétères observés sur la voie des glucocorticoïdes et supprime les altérations de neurogenèse hippocampique ainsi que les déficits de mémoire hippocampo-dépendante. De plus, un traitement par l’AR permettrait de moduler positivement la voie de signalisation des rétinoïdes chez la souris d’âge intermédiaire afin de diminuer l’amplitude de libération de corticostérone intrahippocampique, s’opposant ainsi aux effets délétères d’un excès de glucocorticoïdes sur les processus neurobiologiques et cognitifs au cours du vieillissement.

Ce travail contribue à la démonstration d'une modulation de la biodisponibilité des glucocorticoïdes par le statut en vitamine A observée au cours d'une carence en vitamine A et du vieillissement. Il offre de nouvelles perspectives dans le développement d'une prévention du déclin cognitif lié à l'âge axée sur les facteurs nutritionnels tels que la vitamine A.

Jury

Jacques Micheau
Carmen Sandi
Patrick Borel
Paul Higueret
Katia Touyarot

Directeur de thèse



Paul Higueret
Professeur - PhD
ENSCBP-IPB - Ecole nationale supérieure de chimie, biologie et physique - Institut polytechnique de Bordeaux 
Equipe NutriNeuro : Nutrition, récepteurs nucléaires et vieillissement cérébral - Véronique Pallet Co-responsable(s) : Marie-Pierre Moisan


Publications Paul Higueret