Aller au contenuAller au menuAller à la recherche

HDR Françoise Dellu-Hagedorn

Le 5 décembre 2008

Activité scientifique
Un challenge de taille pour la recherche biomédicale en psychiatrie est de modéliser les symptômes des troubles mentaux dans des modèles animaux desquels elle dépend. Les travaux que j’ai menés représentent un effort en ce sens, en posant les bases d’un modèle d’étude des fonctions exécutives et des traits associés à leur dysfonctionnement par une approche dimensionnelle chez le rat. Cette approche permet de cerner des comportements extrêmes au sein d’une population « normale », des dysfonctionnements naturels et de révéler l’impact de traits comportementaux sur les processus d’adaptation.
Au sein d’une cohorte standard, nous avons pu identifier certains animaux présentant spontanément des troubles du fonctionnement exécutif : déficits concomitants de mémoire de travail et d’inhibition, décisions inadaptées associées une propension à prendre des risques et une sensibilité accrue aux psychostimulants. Ces relations sont à rapprocher des symptômes d’un ensemble de troubles psychiatriques invalidants. On peut citer la manie, les troubles agressifs de la personnalité, le trouble d’hyperactivité avec déficit attentionnel (TDAH) ou encore les troubles liés à l’abus de substances. De la même façon, il est possible d’identifier certains animaux présentant des symptômes de différents sous-types du TDAH.
Le modèle animal dimensionnel que j’ai établi permet d’explorer ces liens expérimentalement, d’en cibler les substrats, dans le but de mieux comprendre le fonctionnement exécutif normal et pathologique. L’utilisation de tâches similaires à celles utilisées en clinique nous permet d’étroites comparaisons homme-animal. Ces comparaisons sont possibles dans les deux sens, soit en examinant plus en détails chez l’animal ce qui est observé chez l’homme (lien entre fonctionnement exécutif et traits comportementaux, associations mémoire de travail - inhibition, substrats neurobiologiques associés), soit en utilisant les observations obtenues dans le modèle animal pour générer des hypothèses applicables à l’homme, à partir d’un modèle simplifié et mieux contrôlé (rôle du système de récompense dans le dysfonctionnement exécutif, réseaux neuronaux différentiellement activés, automatisation du comportement, origine développementale du déficit).
S’il est maintenant de plus en plus admis que la plupart des troubles mentaux ne sont pas des entités cloisonnées mais sont les extrêmes d’un continuum entre normal et pathologique, ce postulat n’a jamais été démontré. Les recherches chez l’homme visant à fournir cette démonstration pourraient s’inspirer de nos travaux chez l’animal qui étayent cette hypothèse.

 

Publications

DELLU-HAGEDORN F., TRUNET S. and SIMON H. (2004). Impulsivity in youth predicts early age-related cognitive deficits in rats. Neurobiol. Aging, 25: 525-537.
DELLU-HAGEDORN F. (2005). Spontaneous individual differences in cognitive performances of young adult rats predict locomotor response to amphetamine. Neurobiol.Learn Mem. 83: 43-47.
DELLU-HAGEDORN F. (2006) Relationship between impulsivity, hyperactivity and working memory: a differential analysis in the rat. Behav. Brain Funct., 2: 10.
BLONDEAU C. and DELLU-HAGEDORN F. (2007) Dimensional analysis of ADHD subtypes in rats. Biol. Psychiatry, 61: 1340-50.
RIVALAN M., GREGOIRE S. and DELLU-HAGEDORN F. (2007) Reduction of impulsivity with amphetamine in an appetitive fixed consecutive number schedule with cue for optimal performance in rats. Psychopharmacology, 192: 171-182.

francoise.dellu(a)u-bordeaux2.fr
Dernière mise à jour le 03.07.2013

Focus


Chargée de recherche CNRS Umr 5227 Unité Motricité - Adaptation - Cognition

Jury

Composition du Jury

Georges Di Scala , DR au CNRS (UBx 1 Président)
Françoise Schenk, PU à l’Université de Lausanne, Rap.
Pascale Gisquet, DR au CNRS (U. Paris-Sud), Rap.
Valérie Daugé, DR au CNRS (U. Paris XII), Rap.
Martine Cador, DR au CNRS (U Bx 2), Examinatrice