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Thèse Stéphanie TROUCHE

Implications fonctionnelles de la neurogenèse hippocampique dans la mémoire spatiale à long terme chez la souris adulte.

Le 11 septembre 2009

Résumé

Le cerveau des mammifères continue de produire des nouveaux neurones tout au long de la vie adulte, notamment dans le gyrus denté de l'hippocampe, une structure impliquée dans l'apprentissage et la mémoire. Le rôle précis des néo-neurones n'est pas entièrement élucidé et reste au cœur des débats.

Les recherches menées lors de cette thèse ont examiné l'implication fonctionnelle des néo-neurones hippocampiques dans les processus d'apprentissage et de mémoire chez la souris adulte.

Afin d'identifier les nouveaux neurones hippocampiques et de suivre leur devenir, les souris ont été injectées avec du bromo-deoxyuridine, un marqueur des cellules en division. Ainsi, notre première étude a révélé que les néo-neurones peuvent être recrutés lors du rappel d'informations spatiales anciennes, et que leur activation est spécifique de la situation mnésique initialement apprise.

Nos données suggèrent donc que les néo-neurones participent à la réactualisation et à la stabilisation d'une information préalablement apprise. Notre deuxième étude nous a permis de préciser le rôle des néo-neurones en démontrant que la force de l'apprentissage spatial initial influence leur contribution à l'activation du réseau neuronal lors du rappel à long terme.

Enfin, par une approche pharmacologique de blocage de la neurogenèse, notre troisième étude a révélé qu'une diminution modérée de la population de jeunes neurones hippocampiques induit une altération des performances mnésiques lors du rappel de diverses tâches spatiales mettant en jeu l'hippocampe, confirmant ainsi leur implication dans le traitement des informations spatiales.

CRCA (CNRS/Université Paul Sabatier) en collaboration avec le CNIC(CNRS/Université Bordeaux 2).    


Pour sa treizième édition 2010 , le Prix Le Monde de la recherche a sélectionné la thèse de Stéphanie Trouche , clic...

Article de Stéphanie Trouche paru dans l'édition du MONDE le du 18.11.2010 (extrait)

Titre :
Quand les anciens souvenirs font appel aux nouveaux neurones
L'histoire de la recherche est traversée de découvertes majeures qui ont bouleversé notre vision du monde. Pendant plus d'un siècle, et ce jusque dans les années 1990, la communauté scientifique était convaincue que le cerveau adulte était un organe incapable de se régénérer : nous naissions alors avec un stock fixe de neurones qui s'épuisait inéluctablement jusqu'à notre mort. Pourtant, dès les années 1960, des travaux avaient émis l'idée de l'existence de la production de nouveaux neurones dans le cerveau de rat adulte. Mais cette découverte avait été écartée du fait des limitations techniques de l'époque et aussi, très certainement, par crainte de se heurter au dogme de l'immuabilité du cerveau adulte.
Comment imaginer que notre cerveau puisse être le lieu d'un bouleversement dû à l'ajout incessant de nouveaux neurones ? Il a fallu attendre les années 1990, avec notamment l'utilisation d'un nouveau marqueur de l'ADN des cellules en division, la bromodéoxyuridine, pour que la communauté scientifique admette définitivement l'idée d'une production quotidienne de nouveaux neurones dans le cerveau des mammifères adultes, dont l'homme. Cependant, les nouveaux neurones ne naissent pas partout dans le cerveau, et tous ne vont pas survivre....

Focus


Stéphanie Trouche a préparé sa thèse sous la double direction de Claire Rampon et de Bruno Bontempi dans le Centre de Recherches sur la Cognition Animale (CNRS/Université Paul Sabatier) en collaboration avec le Centre de Neurosciences Intégratives et Cognitives (CNRS/Université Bordeaux 2).