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thèse Nicolas Mallet

« Fonction des interneurones GABAergiques rapides dans le striatum: étude électrophysiologique in vivo chez le rat normal et hémiparkinsonien.»

Le 21 novembre 2005

Le striatum est la principale structure d'entrée des ganglions de la base. Il reçoit deux afférences majeures, l'une glutamatergique provenant du cortex et l'autre dopaminergique. Il est formé à 95% de neurones de projection striatonigraux (SN) ou striatopallidaux (SP), les autres étant des interneurones cholinergiques ou GABAergiques. Dans le striatum latéral, les interneurones GABAergiques les plus nombreux sont des interneurones rapides
(IR) qui expriment la parvalbumine. Nous avons enregistré les IR dans le striatum du rat anesthésié à l'uréthane et les avons identifiés par la brièveté de leur potentiel d'action et leur aptitude à générer des bouffées. Nous avons montré que les IR inhibent les neurones de projection et restreignent la fenêtre temporelle de leur réponse à une stimulation corticale.

La maladie de Parkinson est due à la dégénérescence des neurones dopaminergiques. Les modèles de cette maladie postulent que la lésion dopaminergique inhibe les neurones SN et active les SP. Nous avons enregistré et identifié ces neurones chez le rat rendu hemi-parkinsonien par une injection de 6-hydroxydopamine. Chez les rats témoins, les neurones SP et SN présentent une sensibilité identique à la stimulation corticale. Chez les rats lésés, la sensibilité des neurones SN est diminuée alors que celle des SP est augmentée. Nous avons enregistré, et identifié par stimulation antidromique, des neurones corticostriés qui innervent préférentiellement les neurones SN. L'activité spontanée de ces neurones corticaux est diminuée de 51% par la lésion. Ainsi le déséquilibre striatal a, en partie, une origine corticale. La lésion n'altère pas la sensibilité des IR à la stimulation corticale. Après lésion, l'inhibition des neurones SN par les IR est renforcée et celle des SP est atténuée.
 
Ainsi, les IR ne sont pas à l'origine du déséquilibre striatal, mais ils l'accentuent. Nous avons donc mis en évidence deux mécanismes non dopaminergiques qui expliquent la pathologie striatale.

focus


Nicolas Mallet a préparé sa thèse sous la direction de François Gonon dans le Laboratoire: Interactions Neuronales et Comportements UMR CNRS 5541 de Bertrand Bloch, Université Bordeaux 2

jury

Président du jury: M.Jean-Marie Cabelguen, Professeur à l'Université de Bordeaux 1
Rapporteur: M.Jean-Michel Deniau, PU Paris VI
Rapporteur: M.André Nieoullon, PU d'Aix-Marseille 2
Examinateur: M.Stéphane Charpier, MC à Paris VI
Examinateur: M.Patricio O'Donnell, Professeur, Albany University, Albany, NY
Directeur de thèse: M. François Gonon, DR au CNRS