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Bordeaux : "Le Neurocampus est sur un standard international"

Le 2 octobre 2017

Une interview de Christophe Mulle, directeur de Bordeaux Neurocampus par Jonathan Herchkovitch 
dans le magazine Pourquoi docteur ? 


 Quelles seront les activités du centre Broca ?

Christophe Mulle : Il s’intègre à un véritable campus, avec des bâtiments reliés les uns aux autres, avec des laboratoires de recherche, une école des neurosciences, et le CHU de Bordeaux, donc en lien direct avec l’aspect clinique de la recherche. Il y a, en tout, 50 équipes avec chacune sa spécialité. C’est un centre multidisciplinaire disposant d’une multitude d’expertises. Au sein de ces équipes, de grands thèmes ressortent : les maladies neurodégénératives, comme Parkinson ou Alzheimer, et les mécanismes de l’addiction. Nous tentons également de faire rentrer le numérique dans les technologies liées aux neurosciences sur des sujets comme le sommeil.

Cette structure est-elle capable de rivaliser à l’international ?
Christophe Mulle : C’est l’idée. Au niveau national, nous avons déjà une très bonne visibilité. Nous avons réussi à faire quelque chose de collectif, avec le soutien des pouvoirs publics et de l’Inserm, du CNRS et de l’Inra. L’aspect communautaire est visible, car nous sommes tous regroupés autour de ce Neurocampus. Au niveau Européen, nous essayons aussi d’être à la hauteur. Et si le soutien se poursuit, nous devrions y arriver grâce à des équipes de chercheurs exceptionnels qui se sont formées, et une productivité excellente. Nous sommes sur un standard international. 

À l’occasion de l’inauguration, nous avons organisé un congrès international sur le passé, le présent et le futur de la recherche en neurosciences. Les nombreux chercheurs de haut niveau en provenance du monde entier qui étaient présents étaient tous estomaqués par l’évolution des neurosciences bordelaises au cours des 15 à 20 dernière années.

Ce regroupement par grands pôles est-il l’avenir de la recherche française ?

Christophe Mulle : Je pense que c’est une direction que les choses prennent, en effet. Les grosses universités françaises ne peuvent plus se permettre de saupoudrer les moyens sur tous les thèmes, et elles se focalisent sur certains axes forts. Le Grand Emprunt oblige à concentrer des moyens sur certaines disciplines, et dans certains endroits. On ne peut pas se passer de cet effet structurant, et donc de faire des choix sur les thématiques à développer. Et le Conseil Régional l’a bien compris. Au départ, il souhaitait investir dans la cancérologie. Un audit a été commandé, ce qui lui a fait changer d’avis au profit des neurosciences, car il existait déjà un tissu de recherches bien installé

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Bâtiment Broca (Université de Bordeaux/ photo /H. Bretheau)