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L’appel des biologistes et de l'Académie de Sciences à soutenir la recherche

Dans une lettre ouverte, plusieurs sociétés savantes en biologie alertent Najat Vallaud-Belkacem et Geneviève Fioraso, sur l’état de la recherche dans leur discipline.

Le 3 octobre 2014

Madame la Ministre, Madame la Secrétaire d’Etat,

Les présidents des sociétés de biologie françaises, réunies à l’occasion du congrès international FEBS-EMBO 2014 à Paris, tiennent à rappeler l’importance du soutien de l’Etat à la recherche fondamentale et à attirer votre attention sur les points suivants :

La nécessité de préserver les recrutements scientifiques (chercheurs, ingénieurs et techniciens) dans les établissements publics scientifiques et technologiques (EPST) comme le CNRS, l’INSERM… et dans les universités. La communauté scientifique se renouvelle en permanence et cela dépend largement de la décision des étudiants en master (bac + 5) d’entreprendre un doctorat. Un facteur-clé dans cette décision est leur perception des possibilités de travailler en fin de parcours (master + trois-quatre ans de thèse + pour les chercheurs trois ans supplémentaires au moins de postdoctorat), d’avoir à la fois un salaire et les moyens nécessaires au travail. Le nombre de postes ouverts est déjà minime. Une réduction supplémentaire amènerait à des « années blanches » pour certaines disciplines. Les perspectives actuelles détournent les étudiants les plus brillants des carrières de la recherche scientifique. Les effets désastreux à long terme d’une telle politique ont été dénoncés lors de la session « politique scientifique en Europe » du congrès FEBS-EMBO par Mme Helga Nowotny, ancienne présidente de l’European Research Council, en évoquant l’importance de la formation et de l’emploi des jeunes chercheurs pour l’avenir de la science en Europe, un investissement majeur qui n’est pas un « robinet » que l’on peut ouvrir ou fermer, mais un engagement à long terme. Or, c’est un atout reconnu de la France que d’offrir un recrutement pérenne, régulier, transparent et ouvert à tous (hommes et femmes, Français et étrangers). lire la suite sur le Monde


Et aussi l'ACADEMIE de SCIENCES

Inquiétudes dans les laboratoires de recherche

L’Académie des sciences rappelle la nécessité impérieuse du maintien d’une recherche fondamentale de haut niveau dans notre pays,recherche souvent à l'origine des plus grandes
découvertes et des applications les plus importantes. L'Académie avait déjà souligné de nombreux points de faiblesse de la recherche française actuelle dans son rapport de septembre 2012, puis dans son communiqué de décembre 2013 avait manifesté son inquiétude face à la diminution des crédits de base des laboratoires de recherche publics.
La situation ne fait hélas que s’aggraver. De nombreux laboratoires se débattent pour survivre dans un environnement défavorable et un contexte international de plus en plus
compétitif. La très forte diminution des crédits de l’ Agence nationale de la recherche affecte sévèrement les "projets blancs" et tarit une source essentielle de financement des chercheurs qui s’engagent dans des recherches originales. Le taux de rejet important lors des appels d’offres laisse sans espoir de très nombreux chercheurs. La sélection favorise trop souvent les thèmes de recherche « à la mode »,laissant de nombreuses équipes de haut niveau à l’écart. La longue période entre le doctorat et l'embauche dans une structure de recherche (financée par des contrats-relais dont la gestion est aggravée par des mesures administratives inutilement contraignantes) conduit de plus en plus de brillants éléments à quitter la recherche ou même le pays, ceux-là mêmes qui auraient dû prendre la relève dans la décennie quivient, après avoir reçu une formation payée par les impôts de tous. La France commence à perdre les meilleurs talents des... suite sur le site de l'academie



Les signataires de la lettre des biologistes

Corinne Albiges-Rizo et Arnaud Echard, présidente et vice-président de la Société de biologie cellulaire de France
René Courcol, président de la Société française de microbiologie
Frédéric Dardel, Dominique Legrand, Magali Remaud, Emmanuelle Schmitt, président et vice-président(e)s de la Société française de biochimie et biologie moléculaire
Anne Hosmalin, présidente de la Société française d’immunologie
Bruno Kieffer, président de la Société française de biophysique
Frank Lafont, président du Club francophone de l’autophagie
Christophe Mulle et Jean-Antoine Girault, président et vice-président de la Société française de neurosciences
Michel Werner et Charles White, président et vice-président de la Société française de génétique