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Nouvel échec dans la mise au point d'un traitement contre Alzheimer

Le 13 juin 2018

Source Mediscoop.net Tiré du Journal Les Echos

AstraZeneca et Lilly arrêtent une étude clinique faute d'efficacité. Quelque 190 programmes menés par les plus grands laboratoires ont déjà échoué. (Les Echos)

Catherine Ducruet note en effet dans Les Echos : « Un échec de plus dans la quête d'un traitement contre la maladie d'Alzheimer. Eli Lilly et AstraZeneca ont annoncé l'arrêt de leurs essais de phase III, incluant un total de 4.000 personnes, avec le lanabecestat, après son échec tant au stade précoce qu'au stade léger de la maladie ».

La journaliste explique que « cette molécule appartient à la famille dites des «inhibiteurs de BACE». Elle s'attaque à une enzyme, la bêta-secrétase, qui intervient dans la production de la bêta-amyloïde constitutive des plaques amyloïdes caractéristiques de la maladie ».
Catherine Ducruet relève que « pour la plupart des observateurs, ce n'est pas vraiment une surprise du fait des nombreux échecs déjà enregistrés avec ce type de molécules notamment par Roche, Lilly, Merck ou encore Janssen ».
« Et cela jette une ombre sérieuse sur les essais encore en cours, comme celui de Biogen avec l'aducanumab. En février dernier, la société de biotech américaine avait annoncé le recrutement supplémentaire de 500 patients dans son essai de phase III, afin de donner de meilleures chances à sa molécule de faire ses preuves », 
remarque la journaliste.
Catherine Ducruet observe que « la liste des molécules contre la maladie d'Alzheimer donnant en phase II des signes d'efficacité qui ne se retrouvent pas en phase III est longue. De fait, comme d'autres molécules avant eux, certains inhibiteurs de BACE ont un effet sur les lésions, mais cela ne se traduit par forcément par une amélioration clinique : les symptômes des patients ne se trouvent pas améliorés ».

La journaliste précise que « les produits des pionniers du domaine comme Elan, Pfizer ou Lilly, qui ont tous échoué, ciblaient justement la plaque amyloïde.
Si bien qu'on a commencé à penser que la maladie d'Alzheimer mettait en jeu des mécanismes beaucoup plus complexes dont on ne sait pas grand-chose. Les laboratoires financent ainsi aujourd'hui des travaux académiques pour faire des progrès dans la connaissance ou testent de nouvelles pistes ».

Catherine Ducruet relève que « l'une d'entre elles, sur le rôle de la sérotonine, vient cependant de se fermer avec l'abandon de l'idalopirdine par le suédois Lundbeck, spécialiste du système nerveux central. D'autres choisissent de s'associer pour partager les risques ».
La journaliste note toutefois qu’« en dépit des quelque 190 essais cliniques qui ont échoué, ce marché de 19 millions de personnes dans l'OCDE, susceptible de doubler d'ici à 2030, continue de motiver les laboratoires ».