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l'amyloïde-η (êta) : un nouvel acteur d'Alzheimer, passé inaperçu pendant 30 ans

réduire la production d'amyloïde-β s'accompagne d'une augmentation massive d'amyloïde-η...

Le 11 septembre 2015

η-Secretase processing of APP inhibits neuronal activity in the hippocampus
Michael Willem, Hélène Marie & Christian Haass et al.
Nature, 31 août 2015. DOI:10.1038/nature14864
CNRS/Université Nice Sophia Antipolis / Universität München, et de Ludwig-Maximilians



 Bien qu'il soit produit en plus grande quantité que l'amyloïde-β, l'amyloïde-η avait échappé à toute détection ces trente dernières années.
En effet, les neuroscientifiques avaient concentré leur attention sur l'amyloïde-β, son mode de production et d'accumulation, sa toxicité pour les neurones et les moyens de l'inhiber pour traiter la maladie d'Alzheimer. Dans cette étude, après l'avoir identifié à la fois dans le cerveau de souris modèles pour la maladie et dans celui de patients, ils montrent que ce nouveau peptide, comme l'amyloïde-β, diminue le renforcement des synapses nécessaire à la mémorisation2. Par ailleurs, contrairement à l'amyloïde-β qui rend les neurones hyperactifs, l'amyloïde-η les rend plus difficilement excitables. Au vu de sa neurotoxicité, ce nouveau peptide est sans doute impliqué dans le mécanisme de la maladie d'Alzheimer, mais d'autres travaux seront nécessaires pour déterminer son impact sur les déficits cognitifs.

Cette découverte a néanmoins des conséquences immédiates sur les essais cliniques en cours, dont la plupart visent à réduire la quantité d'amyloïde-β dans l'espoir d'enrayer la perte de mémoire. Un de ces essais cliniques, par exemple, étudie l'inhibition de la β-sécrétase, une enzyme clé qui est impliquée dans la formation d'amyloïde-β. Or, les chercheurs viennent en effet de confirmer que l'inhibition de cette enzyme permet de réduire la production d'amyloïde-β mais que cela s'accompagne d'une augmentation massive d'amyloïde-η. Il est donc très probable que cette stratégie thérapeutique soit nocive pour le cerveau, par l'action exagérée d'amyloïde-η sur les neurones. Cette découverte invite les cliniciens à être très attentifs aux possibles effets secondaires non-anticipés des essais cliniques.

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